Un test sanguin pouvant être fait à la maison pour un meilleur suivi de certaines maladies chroniques sera bientôt disponible.

Un test sanguin maison pour le suivi de maladies bientôt disponible, dit un chercheur

MONTRÉAL - Un test sanguin pouvant être fait à la maison pour un meilleur suivi de certaines maladies chroniques sera bientôt disponible, affirme un chercheur québécois qui est en train de mettre au point le futur petit appareil portatif.

L’invention devrait permettre d’éviter aux patients de nombreux déplacements à l’hôpital ou à des centres de prélèvements sanguins.

Cet appareil pourra détecter les signes de certaines maladies comme l’insuffisance rénale et l’insuffisance cardiaque, a expliqué en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne le chercheur Alexis Vallée-Bélisle, professeur agrégé au département de chimie de l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en bio-ingénierie et bio-nanotechnologie.

Il agira comme les petits appareils de glucomètre - fort pratiques - utilisés par les gens souffrant de diabète pour mesurer au quotidien leur glycémie.

«C’est l’avenir de la santé, ces tests de diagnostic-là à la maison. Ça va exploser», a commenté le professeur Vallée-Bélisle lors d’un entretien.

Pour le moment, son invention vise à détecter trois indicateurs à partir d’une goutte de sang - soit l’urée, le potassium et la créatinine - qui sont des marqueurs communs aux gens souffrant d’insuffisance rénale ou d’insuffisance cardiaque.

L’instrument pourra éventuellement permettre à ceux aux prises avec ces maladies chroniques de suivre leur état au quotidien - et de transmettre à leur médecin les résultats par internet - et à ces derniers de répondre plus rapidement et efficacement à un changement de leur condition, avance-t-il.

Mais il vise plus loin: il souhaite que l’appareil puisse s’adapter à la détection de n’importe quel marqueur, pour une foule de maladies.

Quant à savoir à quel moment il sera mis en marché, cela dépendra de l’argent disponible, dit le chercheur. Mais il croit que l’appareil, déjà protégé par un brevet, sera en vente d’ici trois ans.

Le chercheur vient d’ailleurs de se voir attribuer une subvention de 700 000 $ du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) pour établir un partenariat avec la compagnie montréalaise Nanogenecs - qu’il a cofondée avec des partenaires - afin de finaliser l’appareil.

Le prototype est déjà en train de subir des tests de robustesse en milieu hospitalier pour valider sa capacité à déceler les trois marqueurs, en comparant ses résultats à ceux des dispendieuses machines des hôpitaux.

Les ingénieurs et les designers uniront ensuite leurs forces pour développer un appareil portatif peu coûteux.