Un rapport révèle un certain « scepticisme » sur le plan clinique du Centre intégré de santé et de services sociaux.
Un rapport révèle un certain « scepticisme » sur le plan clinique du Centre intégré de santé et de services sociaux.

Un «scepticisme» sur l’avenir du CISSSO

Le plan clinique contenant des scénarios pour l’ajout de 170 lits d’hôpital dans la région permet « une vision d’avenir », mais soulève aussi « un certain scepticisme » selon le rapport de l’accompagnatrice du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), Martine Couture.

Daté de juin dernier, le rapport de Mme Couture revient sur les recommandations du mandataire Sylvain Gagnon, nommé par Québec à la fin 2018 pour analyser les problèmes au sein du CISSSO.

Alors que M. Gagnon évoquait le besoin de soutenir le CISSSO « dans l’élaboration du projet de développement d’un nouveau centre hospitalier », Mme Couture note que cette formulation devrait être modifiée pour être « conforme » à la demande d’un sous-ministre ayant simplement parlé du besoin d’« entamer une réflexion sur les besoins d’ajout de services dans la région de l’Outaouais ».

Après avoir soumis une première version de son plan clinique en juin 2019, le CISSSO a été renvoyé à la table à dessin en raison d’éléments jugés « problématiques ». Le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, avait indiqué que les problèmes concernaient les scénarios proposés pour l’ajout de 170 lits de courte durée — une promesse phare de la Coalition avenir Québec.

En janvier dernier, M. Lacombe avait fait savoir que la version révisée du plan clinique était toujours sous analyse.

Dans son rapport présenté en juin dernier, l’accompagnatrice Martine Couture note qu’« au-delà d’une planification clinique, il s’agit d’un formidable levier de mobilisation pour tous les acteurs cliniques » et d’une « occasion unique pour une mise à niveau des services et de plusieurs infrastructures ».

« C’est un projet qui permet une vision d’avenir (horizon de 2036) et c’est aussi, malheureusement, un moment d’expression d’un certain scepticisme... d’où un accent à mettre sur la cohésion et l’adhésion », souligne aussi Mme Couture.

L’accompagnatrice rapporte d’ailleurs quelques exemples. « Nous avons déjà fait des plans qui ne se sont pas réalisés » ou encore « nous sommes une région oubliée » font partie de ce qu’elle a entendu. Des citations qui sont « le reflet d’un certain malaise ressenti au sein de cette organisation quant au présent et au futur », précise-t-elle. Le plan clinique est donc, à ses yeux, « une occasion de rassembler les troupes » dans la perspective d’un « futur prometteur ».

Mme Couture note également avoir observé un « déficit de fierté » envers le CISSSO « manifesté à plusieurs reprises, par plusieurs interlocuteurs ». « Le déficit de fierté est éminemment délicat à traiter, puisque la fierté est faite de nombreux ingrédients », poursuit-elle.

Malgré ces observations, l’accompagnatrice indique dans son rapport avoir pu constater « la motivation et l’engagement » des gestionnaires du CISSSO. « On souhaite clairement ‘passer à l’action’ et découvrir la fierté d’une organisation de services dédiés à la population du territoire », indique-t-elle.

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Des conseils stratégiques à 40 000$

L’accompagnatrice mandatée l’hiver dernier pour soutenir le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a décroché un autre contrat de gré à gré avec le ministère de la Santé. Pour un montant de 40 000 $, Martine Couture agit depuis septembre à titre de « conseillère stratégique » et doit notamment se pencher sur le dossier des découvertures de services.

En février 2019, lorsque le gouvernement avait montré la porte à l’ancien président-directeur général (PDG) du CISSSO, Jean Hébert, la ministre Danielle McCann avait annoncé l’arrivée de l’accompagnatrice Martine Couture pour un mandat de quatre mois assorti d’une rémunération de 88 750 $. Le but était d’appuyer la nouvelle grande patronne du CISSSO, Josée Filion, dans la mise en place des recommandations du « mandataire » Sylvain Gagnon, nommé par Québec à la fin 2018.

Le nouveau contrat conclu de gré à gré entre Mme Couture et le ministère de la Santé concerne un mandat de « conseillère stratégique » auprès du CISSSO « dans le suivi et la mise en œuvre du plan d’action sur l’organisation des services ». « Une attention particulière doit être portée à la recommandation visant l’élaboration du plan de consolidation des services de proximité, est-il précisé dans la description du contrat. Dans ce contexte, Mme Couture devra aborder le dossier des découvertures. »

Les découvertures et bris de services ont été nombreux ces derniers mois dans la région, particulièrement dans le Pontiac. Confronté à une aggravation de la pénurie d’infirmières formées en obstétrique, le CISSSO a d’ailleurs récemment annoncé qu’il n’y aurait plus d’accouchements à Shawville jusqu’en septembre.

Le mandat accordé à Mme Couture — qui est domiciliée au Saguenay — prévoit une rémunération de 40 000 $ pour la période allant du 10 septembre dernier au 31 mars prochain. « Des états de situation verbaux devront être faits ponctuellement à la ministre et un rapport final [...] devra être déposé », indique aussi le ministère.

Martine Couture a occupé divers postes de gestionnaire dans le réseau de la santé. Elle a été PDG du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean de 2015 à 2018, et PDG de l’Agence de la santé de cette région entre 2005 et 2015.