Thierry Mesana a précisé que quelque 10 000 patients par an vont pouvoir bénéficier de ces infrastructures ultramodernes, ajoutant « que si l’on regarde cela sur un horizon de 20 ou 25 ans, ça représente le quart de la population de la ville ».

Un projet de 205 M$ devenu réalité

Après 12 ans d’attente, la journée de vendredi marquera un jalon crucial de l’histoire de l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa (ICUO) alors que sera inaugurée sa nouvelle aile érigée au coût de 205 millions $.

De nouvelles installations d’une superficie de 13 000 mètres carrés à la fine pointe de la technologie et de classe mondiale qui ont pu être visitées en primeur, 24 heures plus tôt, par les médias.

« Aujourd’hui, c’est l’aboutissement d’un long processus, de 12 années de travail acharné, pour finalement voir ce magnifique édifice ouvrir pour les patients, pour les employés, pour toute la communauté. [...] On passe d’un hôpital du 20e siècle à un hôpital du 21e siècle. Ce qu’on a bâti ici, c’est un peu comme si on refait le moteur d’une voiture, car c’est ici où on va faire toutes les procédures les plus compliquées, qu’on va mettre les malades les plus malades », a lancé le président-directeur général, Dr Thierry Mesana.

Ce dernier a précisé que quelque 10 000 patients par an vont pouvoir bénéficier de ces infrastructures ultramodernes, ajoutant « que si l’on regarde cela sur un horizon de 20 ou 25 ans, ça représente le quart de la population de la ville ».

L’ICUO était devenu trop à l’étroit dans ses locaux actuels, qui datent du milieu des années 70, si bien que cet agrandissement était devenu inévitable, surtout en raison du vieillissement de la population, soutient Dr Mesana, qui mentionne que le nombre de visites s’accroît d’année en année.

La nouvelle aile comprendra entre autres une dizaine de laboratoires de cathétérisme et d’électrophysiologie, une unité de soins intensifs en chirurgie cardiaque comprenant 27 lits, cinq salles d’opération (possibilité d’ajout d’une sixième dans le futur) et des chambres beaucoup plus spacieuses où la lumière naturelle sera très présente. L’institution rappelle que le soleil « contrôle et régule le rythme circadien du corps humain » et que la lumière naturelle « diminue les symptômes de dépression, réduit la durée de l’hospitalisation et améliore la qualité du sommeil ».

La construction du bâtiment, qui s’est étalée sur près de quatre ans, aura été un processus complexe car celui-ci est érigé dans un espace restreint compris entre deux structures existantes, soit l’édifice clinique de l’Institut et l’aile des soins intensifs du campus Civic de l’Hôpital d’Ottawa.

En prévision d’une hausse éventuelle du nombre de lits à moyen ou long terme, l’ICUO a prévu le coup en ajoutant un étage supplémentaire qui ne sera achevé à l’intérieur que lorsque du financement sera accordé.

Le robot Da Vinci
L’un des équipements parmi les plus impressionnants des nouveaux locaux est le robot appelé Da Vinci, conçu par la compagnie Phillips. L’outil, utilisé pour faciliter des interventions chirurgicales minimalement effractives et muni d’un œil spécial permettant de voir l’intérieur du corps en 3D et en haute définition, est muni d’une console contrôlée à distance par un chirurgien. Un second médecin et une infirmière peuvent de leur côté guider les instruments robotiques dans la petite incision.

« C’est une façon de mettre l’intelligence artificielle au service de l’homme, mais pas le contraire. Il ne faut pas voir le robot comme remplaçant du chirurgien. Ça n’arrivera jamais, en tout cas pas avant un moment. Il faut le voir en tant qu’outil complémentaire. Et il n’est pas question de faire de la chirurgie robotique à tout le monde. Ce serait une erreur colossale. Il n’y aurait pas de bons résultats, je pense qu’on aurait des catastrophes. On doit sélectionner les patients qui pourront en bénéficier », avertit M. Mesana.

Le transfert des patients vers le nouvel immeuble se déroulera durant le long week-end de Pâques. C’est le 3 avril que le tout premier patient sera soigné dans la nouvelle aile.

Des travaux de rénovation de l’édifice principal, d’une superficie de 5500 mètres carrés, s’enclencheront dans les semaines à venir. On prévoit rénover l’accueil ainsi que relocaliser et agrandir le Centre d’imagerie cardiaque et le Centre de prévention et de mieux-être, entre autres.

En chiffres :

  • Un investissement de 205 M$
  • Un projet dans les cartons depuis 2006
  • 4 ans de travaux de construction
  • Une nouvelle aile de 13 000 mètres carrés 
  • 9 laboratoires de cathétérisme et d’électrophysiologie
  • 5 salles d’opération
  • 27 lits dans l’unité de soins intensifs
  • Plus de 300 chirurgies et 11 000 tests d’imagerie cardiaque supplémentaires par an 
  • 1 nouvel ascenseur à la fine pointe de la technologie pouvant soulever jusqu’à 6350 kg
  • La première transplantation cardiaque a été réalisée en 1984 
  • 220 000 visites de patients en 2016-2017 à l’Institut