Pour la première fois de sa courte histoire, le CISSSO dispose d'un budget de plus d'un milliard de dollars pour l'exercice 2020-2021.
Pour la première fois de sa courte histoire, le CISSSO dispose d'un budget de plus d'un milliard de dollars pour l'exercice 2020-2021.

Un premier budget de plus d'un milliard de dollars pour le CISSSO

Pour la première fois de sa courte histoire, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) dispose d'un budget de plus d'un milliard de dollars pour l'exercice 2020-2021, une année pour laquelle les dépenses en ressources humaines représentent «un risque financier important».

Le conseil d'administration du CISSSO a adopté, jeudi soir, un budget dépassant de 475 251$ la barre du milliard de dollars.

Dans les faits, l' organisation a déjà dépensé un peu plus qu'un milliard de dollars en 2019-2020, mais le budget avait été établi en dessous de ce seuil. C'est donc la première fois depuis la création du CISSSO, au printemps 2015, que ses administrateurs prévoient dépenser 1000 millions$.

La présidente-directrice générale du CISSSO, Josée Filion, s'est dite «très satisfaite» de franchir cette étape. «C'est comme si on passait à un autre niveau, a-t-elle mentionné, en entrevue avec Le Droit. Des millions, c'est une chose, mais là, de passer à un milliard, vraiment, c'est un autre cap pour une organisation.»

Avoir autant d'argent pour faire fonctionner le réseau de la santé de la région ne signifie toutefois pas que le CISSSO pourra négliger la gestion de son budget d'ici le 31 mars prochain.

La directrice des ressources financières de l'organisation, Murielle Côté, a souligné jeudi soir qu'«un risque financier important» est présent dans la colonne des dépenses pour les ressources humaines.


« Plus tu as d'absences, plus il y a d'heures supplémentaires, plus il y a de main-d'oeuvre indépendante, plus il y a d'instabilité dans les équipes et moins il y a de satisfaction au travail. »
Josée Filion

«L'enjeu de la masse salariale est un défi qui demeure super important, reconnaît Mme Filion. Que ce soit pour l'assurance salaire, pour les heures supplémentaires ou le recours à la main-d'oeuvre indépendante, «il y a eu une tendance à la hausse» entre 2018-2019 et 2019-2020, note la grande patronne du CISSSO.

«Ça devient comme un cercle vicieux, explique-t-elle. Plus tu as d'absences, plus il y a d'heures supplémentaires, plus il y a de main-d'oeuvre indépendante, plus il y a d'instabilité dans les équipes et moins il y a de satisfaction au travail, donc c'est ça qu'il faut réussir à casser.»

Le CISSSO tente notamment d'intervenir sur les éléments sur lesquels il a «un levier», que ce soit lorsqu'une absence prolongée pour des problèmes psychologiques découle de problèmes vécus au travail, ou lorsqu'un employé se blesse physiquement dans le cadre de ses fonctions.

L'exercice 2020-2021 s'est entamé le 1er avril dernier, alors que la crise de la COVID-19 ne faisait que commencer. Josée Filion ignore encore à quoi ressemble la courbe des dépenses sensibles pour les ressources humaines.

Des employés infectés par le virus ont dû s'absenter du travail et il a fallu affecter davantage de travailleurs dans des secteurs comme l'urgence pour assurer le maintien de zones «froides» et de zones «chaudes», mais le délestage de certaines activités en raison de la crise a aussi permis à l'organisation d'effectuer une «réallocation des ressources».

Le CISSSO n'est pas ailleurs pas assuré d'être remboursé par Québec pour la totalité des dépenses supplémentaires engendrées par la pandémie. L'organisation s'assure de compiler dans un dossier distinct toutes les dépenses associées à la crise sanitaire, qui se compteront inévitablement «en millions», précise Mme Filion, qui ignore encore «quelle sera la part du ministère».