Au Centre intégré de santé et de services sociaux, on indique collaborer « au projet provincial d’implantation d’un dossier unique informatisé ».

Un partage d'informations «primordial» entre les intervenants en santé mentale

Le partage d’informations entre les intervenants qui soutiennent les personnes présentant des idées noires est « primordial » aux yeux du directeur général de l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS), Jérôme Gaudreault.

Invité à réagir au rapport de la coroner Francine Danais contenant des recommandations pour la mise en place d’un « registre central » des patients afin de « favoriser une intervention concertée » au sein du réseau de la santé et des services sociaux, M. Gaudreault souligne d’entrée de jeu qu’il n’est « pas fréquent » d’observer un travail en « vase clos » comme celui évoqué dans le cas d’un trentenaire gatinois s’étant enlevé la vie au début 2018.

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Même si « au bout du compte, on ne contrôle jamais vraiment ce que la personne va faire », il importe de mettre en place le plus de mesures possible pour réduire les risques d’un passage à l’acte, affirme le directeur général de l’AQPS. Parmi ces mesures se retrouve le partage d’informations.

« Pour moi, c’est primordial que des intervenants puissent échanger entre eux, par exemple pour bien savoir ce qui aide la personne à rester en vie », dit-il.

Le partage d’informations sur un patient doit respecter diverses règles de confidentialité, comme le souligne d’ailleurs la coroner dans son rapport.

« Il est toujours possible pour les intervenants de demander à la personne de lever la confidentialité pour que les intervenants puissent échanger, note M. Gaudreault. Parce que la personne ne veut pas mourir. Elle veut juste arrêter de souffrir. »

En ce qui concerne l’autre rapport de coroner faisant état d’une « rupture de service » en travail social auprès d’un patient de la Petite-Nation ayant mis fin à ses jours au printemps 2019, le directeur général de l’AQPS souligne qu’une telle situation représente « un risque important ». « La personne peut se retrouver isolée, donc c’est un facteur de risque important qui, honnêtement, ne devrait pas survenir ».

Jérôme Gaudreault est satisfait que des coroners fassent des recommandations, en soulignant que leur objectif « n’est pas de blâmer, mais de protéger la vie ».

Les recommandations visant la création d’un registre contenant des informations sur chaque patient sont donc bien accueillies par l’AQPS.

Au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSSO), on indique collaborer « au projet provincial d’implantation d’un dossier unique informatisé », tout en soulignant qu’un registre des grands utilisateurs des urgences est en place depuis quatre mois. Ce registre vise « tout usager qui effectue cinq visites aux urgences ou trois hospitalisations au cours de l’année », a précisé le CISSSO.

Au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), on affirme prendre acte de la recommandation suggérant d’entamer des discussions avec l’ensemble des centres de santé pour la création d’un registre central.

« Le MSSS considère, tout comme le coroner, que le partage d’informations cliniques, dans le respect des règles de confidentialité, contribue à la qualité, à la sécurité et à la continuité des services, a indiqué une porte-parole, Marie-Claude Lacasse. Le MSSS a l’intention de répondre au coroner sur le suivi qu’il entend donner à sa recommandation, à l’intérieur du délai de trois mois dont il dispose. »

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BESOIN D'AIDE?

Le suicide ne se produit pas sans avertissement. Dans la majorité des cas, les personnes qui se sont suicidées avaient donné quelques signaux tels que:

  • Des messages verbaux directs et indirects
  • Des indices comportementaux
  • Des indices émotionnels
  • Des indices cognitifs
  • Des symptômes de dépression

En présence de signaux d’alerte, demander à cette personne si elle pense au suicide ne la poussera pas à commettre le geste. En effet, cette main tendue sera, dans la majorité des cas, accueillie avec soulagement.

Vous ou vos proches avez besoin d’aide ? N’hésitez pas à appeler au 1-866-APPELLE (277-3553), ou encore Tel-Aide Outaouais (819-775-3223) à Gatineau et 613-741-6433 à Ottawa). Du côté d’Ottawa, vous pouvez aussi appeler la ligne de crise en santé mentale d’Ottawa en composant le 613-722-6914. Vous pouvez également consulter le site commentparlerdusuicide.com.

Source: aqps.info