La Dre Annabelle Lévesque-Chouinard travaille avec la plateforme d’échange entre médecins eConsult.

Un outil «très, très utile»

«C’est un outil qui est très, très utile, parce que l’accès aux spécialistes est difficile, partout au Canada.»

La Dre Annabelle Lévesque-Chouinard, médecin de famille au GMF-U de Gatineau, ne tarit pas d’éloges envers le projet pilote eConsult Québec auquel elle participe. La magie de la technologie lui permet d’obtenir rapidement l’avis d’un médecin spécialiste, un avantage indéniable pour ses patients, dit-elle.

«Quand je vois un patient et que je ne suis pas certaine de mon diagnostic ou pas certaine de quoi faire au niveau du plan de traitement ou de l’investigation, c’est facile, je me connecte sur la plate forme web, je pose la question à la spécialité concernée et puis j’ai ma réponse dans un délai de sept jours, explique-t-elle. [...Pour le patient, c’est pratique, parce qu’on sait vers quoi s’aligner beaucoup plus rapidement que si j’envoie la demande de consultation de façon standard, où les délais d’attente peuvent être de trois, six, douze mois et même plus des fois.»

L’omnipraticienne y trouve aussi son compte, non seulement pour la prise en charge de ses patients, mais aussi pour approfondir ses propres connaissances. «Avec la réponse du spécialiste, si j’ai un autre cas semblable, je vais savoir quoi faire», souligne la Dre Lévesque-Chouinard, qui précise que pour les cas urgents, «les voies traditionnelles» continuent d’être utilisées afin de contacter des spécialistes.

La dermatologue Françoise Giard note pour sa part qu’eConsult Québec lui permet de mieux gérer son horaire. «On sent beaucoup un besoin d’information qui vient des médecins de famille, affirme-t-elle. [...Il y en a qui utilisent encore notre pagette, quand on est de garde, pour poser des questions qui, dans le fond, peuvent être répondues par eConsult. L’avantage, c’est que je peux répondre quand ça m’adonne, à la fin de la journée, sans être obligée d’interrompre une visite avec quelqu’un dans une journée.»

Les questions formulées par les médecins de famille qui participent au projet pilote sont suffisamment détaillées pour que la Dre Giard se sente à l’aise de dire si le patient concerné doit être vu par un spécialiste ou si l’omnipraticien peut s’en occuper. La consultation électronique peut aussi permettre de mieux déterminer la cote de priorité qui doit être accordée à un patient ayant besoin d’une consultation, même si la participation au projet pilote ne leur confère aucun passe-droit.

De leur côté, les patients sont évidemment «très contents» lorsque leur médecin de famille leur parle de la possibilité de passer par eConsult Québec pour obtenir l’avis d’un spécialiste, une démarche qu’ils doivent préalablement approuver — ce qu’ils font tous. «La plupart disent enfin, la médecine se met au pouls de la technologie, relate la Dre Lévesque-Chouinard. Il y a un très haut taux de satisfaction, et ceux qui ont quand même besoin d’être vus en personne sont satisfaits, parce qu’il y a un côté rassurant de savoir qu’on a parlé au spécialiste, que oui, il va y avoir de l’attente, mais que c’est correct, qu’il n’y a rien de dangereux.»