Le groupe de chercheurs dirigé par Robert Korneluk a effectué cette importante découverte.

Un nouveau traitement anticancer découvert à Ottawa

Une équipe de l'Institut de recherche du Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario (CHEO) a découvert une nouvelle polythérapie qui pourrait traiter plusieurs types de cancer.
Le groupe de chercheurs, dirigé par le Dr Robert Korneluk, a découvert qu'en combinant deux médicaments connus, on pourrait guérir divers types de cancer, comme ceux du sein, de la prostate et des poumons.
Selon le Dr Éric Lacasse, membre de l'équipe de chercheurs, les deux médicaments qui auraient un effet important sont tous les deux à l'étape des essais cliniques. «On ne sait pas encore quand ces deux médicaments seront autorisés, mais on a découvert qu'ils peuvent agir en synergie. Les souris de laboratoire sur lesquelles ont été administrées des doses combinées de ces deux médicaments ont eu un taux de survie de 90%», a expliqué le Dr Lacasse.
Traitement sur deux axes
Selon ce qu'a découvert l'équipe de chercheurs du CHEO, le premier médicament s'attaquerait aux gènes cancérigènes en utilisant des protéines qui nuisent à l'apoptose (la division et multiplication des cellules). Ces protéines ont été découvertes au CHEO il y a 19 ans. Le deuxième médicament utilise des virus actifs. Ces derniers provoquent une réponse du système immunitaire, qui s'attaque alors au cancer.
Les traitements de polythérapie diffèrent des traitements de chimiothérapie standards, qui ont des effets secondaires très importants. Les tissus sains environnants, par exemple, ne sont pas altérés. Dans certains cas, l'association des deux médicaments a permis de réduire de 10 000 fois la quantité de virus nécessaires pour tuer une cellule cancéreuse.
Le chercheur Lacasse a indiqué qu'on pourrait devoir attendre une dizaine d'années avant qu'un médicament issu de cette découverte soit disponible. «On doit effectuer trois phases d'essais cliniques avant qu'un nouveau médicament atteigne l'étape de l'approbation par Santé Canada. Mais c'est vraiment excitant pour nous», a déclaré lundi celui qui travaille à cette recherche depuis 16 ans.