En 2012, le prix du plasma québécois était de quelque 300 $ le litre.

Un marché international du plasma

Le plasma humain qui a sauvé la vie de Jonathan Guevremont-Néron provenait presque à coup sûr... d'un donneur américain.
C'est qu'il existe un véritable marché international du plasma. Le précieux fluide s'y échange à prix d'or. En 2012, le litre de plasma québécois revenait à quelque 300 $ le litre.
Incapable de subvenir à ses propres besoins, le Québec achetait pour plus de 50 millions de dollars de plasma aux États-Unis, il y a quelques années. Et la demande allait en croissance dans les hôpitaux de la province. Le plasma entre dans la composition de plusieurs médicaments pour les grands brûlés, les receveurs de greffe et les patients atteints de maladie auto-immune - comme Jonathan.
Craignant un éventuel réflexe protectionniste de la part du pays de Donald Trump, Héma-Québec a décidé en 2013 de réduire sa dépendance à nos voisins du Sud. C'est dans le cadre de cette stratégie d'autosuffisance que l'organisme a ouvert plusieurs centres de prélèvements Plasmavie au Québec, notamment à Gatineau, Trois-Rivières, Saguenay et Sherbrooke.
Héma-Québec souhaite éventuellement combler 30 % de ses besoins en plasma.
« Présentement, nous en sommes à 21 % de notre objectif. On se dirige vers l'atteinte du 30 % en 2020 », avance Laurent Paul Ménard, porte-parole de Héma-Québec.
Le Canada tente aussi de réduire sa dépendance en ce qui concerne le fractionnement du plasma, une étape indispensable pour le transformer en médicament.
« Pour l'instant, Héma-Québec et la Société canadienne du sang ont des contrats avec des sous-traitants en Europe. On leur envoie notre plasma et ils nous le retournent », explique Laurent Paul Ménard.
Sur ce front-là aussi, le Canada cherche à réduire sa dépendance aux sociétés étrangères. 
Dans la région de Montréal, la construction d'une usine de fractionnement par une entreprise sud-coréenne laisse entrevoir un espoir d'y parvenir.