Un autre bris de service en obstétrique à l'Hôpital du Pontiac

Pour une quatrième fois en moins d’un mois, un bris de service en obstétrique causé par un manque de personnel infirmier touche l’Hôpital du Pontiac, une situation qui risque de se reproduire puisqu’il manque les deux tiers des effectifs nécessaires.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a diffusé un communiqué vers 7h, vendredi, pour indiquer qu’un bris de service commençait le jour même à 8h. Le service sera ainsi interrompu jusqu’à 8h lundi matin.

«Les femmes enceintes en travail seront redirigées, après avoir été évaluées à l’Hôpital du Pontiac, vers l’Hôpital de Gatineau, a précisé le CISSSO. Dans le cas où une femme enceinte se présenterait en accouchement imminent, il y aura du personnel qualifié pour assurer la prise en charge et la maman sera ensuite transférée vers l’Hôpital de Gatineau.»

L’organisation indique que les femmes du Pontiac qui sont près de leur date d’accouchement ont été avisées de la situation.

Trois autres bris de service en obstétrique sont survenus dans le Pontiac depuis la fin septembre. Pendant la période estivale, le CISSSO avait eu recours à des sages-femmes, pendant un mois, pour assurer la continuité des services dans le Pontiac. Cette solution ne peut toutefois pas être utilisée actuellement en raison des besoins à la Maison de naissance de l’Outaouais, qui «roule déjà à 100%».

La porte-parole du CISSSO, Marie-Pier Després, a indiqué que le besoin à Shawville «est de deux infirmières en tout temps formées en obstétrique». Pour assurer le service 24 heures sur 24, sept jours sur sept, il faut 12 infirmières formées en la matière. À l’heure actuelle, il n’y en a que quatre.

Ces infirmières sont attitrées à l’unité de courte durée de l’hôpital et se déplacent en obstétrique pour les accouchements et les suivis post-partum.

Selon le CISSSO, «moins de dix femmes ont dû être transférées» en dehors du Pontiac en raison des récents bris de service en obstétrique. «Selon les informations que nous avons pour le bris de cette fin de semaine, aucune résidente du Pontiac n’est sur le point d’accoucher, a précisé Mme Després. Toutefois, nous nous assurons tout de même de mettre en place des corridors de sécurité.»

Dans le contexte actuel, le CISSSO estime que d’autres bris de service pourraient survenir.

Le député de Pontiac à l’Assemblée nationale, André Fortin, juge la situation «préoccupante». «Je dirais qu’il y a un ras-le-bol collectif de cette situation qui se produit à répétition, a-t-il réagi. Mettez-vous deux secondes dans la tête d’une mère qui doit accoucher dans les prochains jours ou dans les prochaines semaines et qui se demande si elle va pouvoir accoucher à l’hôpital qu’elle connaît, avec le personnel qu’elle connaît, avec son médecin.»

M. Fortin souhaite que «des solutions à court terme» soient trouvées. Le rehaussement du salaire des infirmières de la région en raison de la proximité avec l’Ontario, qui a été promis par la Coalition avenir Québec, pourrait être une solution selon le député libéral, qui évoque aussi la mise en place de nouveaux ratios pour attirer du nouveau personnel infirmier.