L’Association des radio-oncologues du Québec (AROQ) se porte à la défense de ses membres de l’Outaouais, qui disent craindre pour « les chances de survie » de leurs patients en raison de multiples problèmes affectant le fonctionnement de leur département.

Un appui pour les radio-oncologues

L’Association des radio-oncologues du Québec (AROQ) se porte à la défense de ses membres de l’Outaouais, qui disent craindre pour « les chances de survie » de leurs patients en raison de multiples problèmes affectant le fonctionnement de leur département.

Le président de l’AROQ, le Dr Khalil Sultanem, a fait parvenir la semaine dernière une lettre au président-directeur général adjoint du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), le Dr Daniel Tardif, « pour répondre à [sa] sortie publique » au sujet du rapport d’une firme de consultants ayant qualifié d’« hyperconflit » la situation actuelle au département régional de radio-oncologie. Le Dr Tardif avait réagi, il y a deux semaines, aux conclusions de ce rapport obtenu par Le Droit grâce à une demande d’accès à l’information.

« Ce rapport est basé sur la consultation de 33 personnes volontaires et ne représente pas l’ensemble des travailleurs du département, écrit le Dr Sultanem. [...] Ce rapport décrit une situation des symptômes sans en mentionner les causes sous-jacentes. Rendre ce rapport public sans une analyse préalable ne fait que placer le blâme sur les médecins, les technologues, les coordonnateurs et, par la suite, enflammer une situation déjà précaire. »

Dans une réponse envoyée lundi à l’AROQ, le Dr Tardif souligne que le CISSSO n’a «jamais eu l’intention» de rendre public le document, qui a plutôt été obtenu par Le Droit grâce à une demande d’accès à l’information.

Le Dr Sultanem affirme par ailleurs dans sa lettre que l’administration du CISSSO ne s’est pas attaquée aux problèmes, en ajoutant la détérioration du climat de travail est liée aux «déficiences importantes» du système informatique, à une pénurie de personnel et à l’absence d’un appareil d’imagerie par résonance magnétique à l’Hôpital Gatineau pour desservir le centre de cancérologie.

«C’est grâce au dévouement de votre équipe de radio-oncologie que les délais de mises en traitement sont respectés, et ce, malgré toutes les problématiques décrites», poursuit le président de l’AROQ.

Du côté du CISSSO, la réponse du Dr Tardif mentionne que la situation est «complexe» et que trois groupes d’experts ont été mandatés pour aider à trouver des solutions.

«Je souhaite ardemment ne pas voir se cliver davantage les positions des uns et des autres alors que tous ne reconnaissent pas, à leur juste valeur, les efforts investis par chacun pour résoudre les problématiques rencontrées, écrit le cadre du CISSSO dans sa lettre au Dr Sultanem. Jamais dans mes sorties publiques n’ai-je mis en doute le dévouement des médecins, des technologues, gestionnaires, infirmières, physiciens et autres équipes de soutien […], à tout mettre en œuvre pour trouver des solutions à la situation qui prévaut. J’espère pareille considération de la part de votre association.»