Le ministre de la santé Gaétan Barrette a reçu un accueil plutôt bruyant lors de sa visite à l’hôpital de Gatineau, mardi.

Un accueil bruyant pour Barrette

Pancartes à la main et trompettes à la bouche, une centaine de manifestants ont bruyamment accueilli le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui était à l’Hôpital de Gatineau, mardi, pour dire que le projet de réaménagement de l’unité de périnatalité, annoncé depuis déjà quatre ans, ira finalement de l’avant.

Les travailleurs de plusieurs syndicats du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) étaient nombreux à vouloir faire connaître leur épuisement au ministre Barrette. Ils étaient des dizaines postés devant chaque porte de l’Hôpital de Gatineau, afin de ne pas manquer l’arrivée du ministre. Certains l’ont même suivi à l’intérieur de l’établissement, en scandant leurs slogans sous l’oeil attentif des policiers de Gatineau dépêchés sur place. Quelques syndiqués ont pu assister à la conférence de presse, en respectant l’engagement de leurs représentants de ne pas en déranger le déroulement.

Gaétan Barrette a consenti à rencontrer les dirigeants syndicaux, mais devant les médias, il avait déjà affirmé que «la lumière au bout du tunnel», pour les travailleurs, réside «dans le recrutement».

«Encore faut-il qu’il y ait des gens qui viennent prendre les postes, a-t-il lancé plus tôt dans la journée. […] Le problème de l’Outaouais est un problème plus aigu qu’ailleurs au Québec, qui est celui de la pénurie de main-d’oeuvre. […] Ici, il y a des centaines de postes de disponibles, et il n’y a pas beaucoup de gens preneurs..»

Un investissement de 31 millions$
Entre différentes interventions visant à calmer le jeu sur les revendications des travailleurs du réseau, le ministre de la Santé a annoncé que le projet d’aménager 32 chambres TARP (travail-accouchement-récupération-postpartum) au troisième étage de l’Hôpital de Gatineau allait finalement voir le jour.

Annoncé par le précédent gouvernement péquiste quatre ans jour pour jour avant cette visite du ministre, ce projet devra se réaliser «par phases» afin de ne pas nuire aux services cliniques, a fait savoir M. Barrette, de sorte que la fin de travaux devrait avoir lieu seulement en 2022.

Le retard dans le lancement des travaux s’explique notamment par des «ajustements» ayant dû être faits au fil des ans, a-t-il dit. «Les quatre dernières années, ce n’est pas une responsabilité locale, c’est une responsabilité gouvernementale, a-t-il expliqué. C’est nous qui avons demandé à ce que [..].certains concepts soient revus et certains ajustements du concept soient apportés.»

Le projet, qui prévoit également le réaménagement de la néonatalogie et l’ajout de deux salles réservées aux césariennes, représente un investissement de 31 millions$. Québec y injectera 26,75 millions$, le CISSSO y consacrera 3,65 millions$ et la Fondation Santé Gatineau y contribuera à hauteur de 600 000$.

Gaétan Barrette affirme que la quasi-totalité des accouchements de mères de l’Outaouais qui se font actuellement sur la rive ontarienne pourra être rapatriée au Québec, une fois les travaux terminés.

Le président-directeur général du CISSSO, Jean Hébert, a même affirmé que «l’environnement dans les 32 chambres TARP à Gatineau devrait être supérieur» à celui de l’Hôpital Montfort, actuellement prisé par bien des mères de l’Outaouais.

En 2015-2016, 1292 poupons de l’Outaouais avaient vu le jour dans la province voisine. Sur un total de 4205 naissances compilées pour des mères de l’Outaouais cette année-là, il y en a donc eu 30,7% en Ontario.

Une première vague de rapatriement avait pu être observée avec l’inauguration de la nouvelle Maison de naissance de l’Outaouais, à l’hiver 2016. Le ministre de la Santé note toutefois que dans le cas de certaines grossesses à risque élevé, les suivis continueront d’être effectués à Ottawa en raison de l’expertise plus poussée des centres universitaires de la capitale.

Investissement en endoscopie dans le Pontiac

L’unité d’endoscopie de l’Hôpital du Pontiac subira une cure de rajeunissement et de mise aux normes grâce à un investissement de 909 000$.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a annoncé mardi matin à Shawville l’octroi de cette somme qui servira notamment à «mettre aux normes l’espace de retraitement des endoscopes, à côté duquel sera déplacée la salle de procédure, séparée par un mur».

Le ministre Barrette a mentionné que cette annonce vise à accroître «la sécurité» et «le confort» des patients.

«Quand on a une endoscopie, […], c’est un examen qui se passe dans un environnement particulier, dans des circonstances particulières, un examen à la suite duquel on a parfois à recevoir une nouvelle, alors je pense que physiquement, on doit être dans un lieu confortable, un lieu où on a une certaine intimité pour avoir ces conversations-là, et un lieu où on ne soit pas cordés les uns sur les autres», a souligné M. Barrette.

Les travaux viseront aussi à améliorer ce qui se passe «derrière la scène pour ce qui est de la sécurité» entourant les dispositifs médicaux, a précisé le ministre, en ajoutant que les autres unités d’endoscopie de l’Outaouais seront aussi mises aux normes dans le futur.

Dans le cas de l’Hôpital du Pontiac, les travaux devraient être terminés d’ici le début de l’année 2019.