Temps plein imposé: «une dizaine» de démissions au CISSSO

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) a encaissé une dizaine de démissions depuis l'imposition, la semaine dernière, d'horaires à temps plein à une centaine d'employés des hôpitaux de Hull et de Gatineau.

En entrevue avec Le Droit jeudi soir, la présidente-directrice générale du CISSSO, Josée Filion, a fait savoir qu'‹entre 140 et 150» infirmières, infirmières auxiliaires ou préposés aux bénéficiaires à temps partiel ont vu leur horaire être rehaussé à temps plein. Cette mesure est possible grâce à un arrêté ministériel signé en mars dernier, qui permet aux établissements de suspendre certaines dispositions des conventions collectives.

Certains employés ont pu être exemptés de l'imposition des horaires à temps complet. C'est par exemple le cas des employés qui sont aux études. «On veut que les gens finissent leur formation», note Mme Filion.

L'application de l'arrêté ministériel a toutefois causé des départs et des arrêts de travail au sein de l'organisation. «Malheureusement, oui, on a eu des démissions, a mentionné Mme Filion. Je dirais une dizaine de démissions. […] On a aussi un nombre d'employés qui sont partis en assurance salaire, c'est en bas de dix je dirais jusqu'à maintenant.»

La grande patronne du CISSSO, qui assure avoir «tout fait pour ne pas arriver à ça», affirme par ailleurs que l'arrêté ministériel a fait réagir beaucoup plus en Outaouais que dans d'autres régions.

«Ce que je trouve dommage, c'est tout l'écho et le spin négatif que ça a fait dans la région, a-t-elle mentionné. […] Il y a des régions qui roulent sur l'arrêté depuis le début, depuis qu'il est sorti. Ils ont roulé dessus tout l'été et on n'en a pas entendu parler.»

Josée Filion estime avoir appliqué l'arrêté ministériel «avec parcimonie» en le limitant aux infirmières, infirmières auxiliaires et préposés aux bénéficiaires des hôpitaux de Hull et de Gatineau. «J'aurais pu l'appliquer all over the place, partout, […] sous prétexte que je n'ai pas de personnel. Mais je ne l'ai pas fait.»


« Ce que je trouve dommage, c'est tout l'écho et le spin négatif que ça a fait dans la région. »
Josée Filion

Départs pour des raisons familiales ou personnelles

Avant même l'application de l'arrêté ministériel, le CISSSO enregistrait une forte hausse du nombre de départs pour des raisons familiales ou personnelles. Un document déposé jeudi soir lors de la réunion du conseil d'administration du CISSSO montre que pour la période allant du 1er avril à la mi-septembre, 221 départs pour de telles raisons ont été observés parmi les employés du CISSSO.

En moins de six mois, il y a donc eu plus de départs pour des motifs familiaux ou personnels que pour les l'année précédente au complet (161 cas pour l'année 2019-2020).

Cette situation «s’explique en partie par l’effet d’essoufflement qu’a occasionné la gestion de la pandémie», lit-on dans le document.

Sur l'ensemble des départs survenus au CISSSO entre le début avril et la mi-septembre, les raisons personnelles ou familiales sont en cause dans le quart des cas. Pour les deux années précédentes, ces raisons n'étaient évoquées que pour 12% des départs.

Le présidente-directrice générale du CISSSO, Josée Filion

Hospitalisations causées par la COVID-19

Mme Filion a par ailleurs indiqué au Droit que la capacité actuelle des unités COVID-19 de l'Hôpital de Hull est présentement de 55 lits. «Notre intention c'est de monter à 82 au besoin, a-t-elle rappelé. On ne veut pas se rendre là.»

Malgré un début de semaine plutôt calme du côté du nombre de nouveaux cas ayant été confirmés en Outaouais, Josée Filion souligne qu'il est encore «prématuré» de dire que la région a atteint un plateau. Une deuxième ronde de dépistage massif est notamment en cours au complexe Cité-Jardin, ce qui pourrait faire apparaître de nouveaux cas.

La grande patronne du CISSSO ne savait pas encore, jeudi soir, dans quelle mesure le délestage d'activités entamé il y a deux semaines sera prolongé. Le plan de match pourrait être annoncé lundi, en fonction de l'évolution de la situation au cours de la fin de semaine.

«C'est clair qu'il y a des secteurs où on ne sera pas à une reprise à 100%, parce que j'ai besoin de la main-d'oeuvre et on anticipe d'autres cas, malheureusement, qui risquent d'avoir besoin de l'unité COVID.»