La présidente-directrice générale du CISSSO, Josée Filion, lors d'un point de presse mercredi.

Service en obstétrique à Shawville: deux médecins vont quitter en décembre

Deux des cinq médecins de l’unité d’obstétrique à l’Hôpital de Shawville vont quitter de façon définitive à la fin du mois de décembre. Une situation qui pourrait entraîner davantage de bris de service au cours des prochains mois.

Le service en obstétrique à Shawville est déjà marqué par une pénurie de travailleurs, ce qui force plusieurs femmes enceintes du Pontiac à être redirigées vers un autre hôpital de la région pour accoucher.

Rappelons que cinq suspensions des services en obstétrique sont survenues en un mois plus tôt cet automne à l’hôpital de Shawville. Le niveau de précarité de la situation fait en sorte que l’absence d’un seul travailleur de l’unité peut entraîner un bris de service.

Malgré le départ de ces deux médecins, la couverture médicale en obstétrique à Shawville devrait être assurée jusqu’à la fin janvier. 

«Je ne pourrais pas donner les détails sur quelles sont les actions qui ont été mises en place pour couvrir l’ensemble du mois de janvier, mais ça vient démontrer qu’il y a des actions pour assurer la couverture médicale», détaille la présidente directrice générale du CISSSO, Josée Filion. 

Heures supplémentaires

Pour que le service fonctionne à pleine capacité, 12 infirmières et 5 médecins obstétriciens sont nécessaires. Par contre, la pénurie de main d’œuvre fait en sorte qu’en deux mois, cinq infirmières de l’unité ont cumulées plus de 600 heures supplémentaires. 

Depuis le début du mois, deux infirmières de l’Hôpital général juif de Montréal viennent tour à tour mettre la main à la pâte pour assurer la continuité de la couverture médicale à Shawville jusqu’à la fin novembre.

Pour remédier à la pénurie de main d’œuvre dans l’unité en obstétrique à Shawville, mais aussi dans le système de santé de la région, le CISSSO poursuit ses efforts de recrutement.

«On reçoit des appels, il y a des gens qui ont de l’intérêt à venir travailler chez nous. On est même allé en France pour faire du recrutement d’infirmières françaises. Notre priorité, c’est d’assigner ces travailleurs-là dans les milieux ruraux où le besoin est urgent. On a mis en place une équipe de deux personnes de la direction des ressources humaines qui est présente sur place pour faire du recrutement dans la région du Pontiac. On a aussi une présence dans les différents collèges pour s’assurer que les futurs finissants en soins infirmiers viennent travailler chez nous.»

D’autres bris en vue ?

En raison de ce manque de travailleurs en obstétrique, la fermeture de l’unité fait toujours «partie des options évaluées», surtout s’il y a des risques pour la sécurité des mamans et des bébés. 

«Si nous jugeons que le niveau de la présence médicale met à risque la sécurité, le bris de service demeure une option», ajoute Mme Filion, précisant qu’il serait «utopique» de pouvoir assurer une couverture à 100 % d’ici la prochaine année.

Même si Mme Filion s’est montrée rassurante, la situation pourrait demeurer inchangée pendant plusieurs mois encore. «Même si demain matin on engage six nouvelles candidates à l’exercice de la profession infirmière, on aura pas plus de main d’oeuvre maintenant. Il y a un délai au niveau de l’examen de l’Ordre des infirmières et ensuite la formation qui dure près de six mois.»

Mme Filion confirme d’ailleurs qu’un plan de travail a été établi avec l’équipe de la ministre de la Santé, Danielle McCann.