La consommation de cannabis pourrait être interdite dans les immeubles à logements d’Ottawa.

Santé publique Ottawa penche pour l’interdiction

S’il n’en tenait qu’à Santé publique Ottawa (SPO), la consommation de cannabis devrait être interdite à l’intérieur et sur les balcons de tous les logements multiples de la capitale fédérale une fois que la substance aura été légalisée au pays cet été.

C’est du moins la recommandation que vient de soumettre l’agence au gouvernement provincial dans un document acheminé en début de semaine.

« En s’appuyant sur des recherches, c’était clair pour nous que dans ces immeubles, il n’y a pas vraiment de manière d’empêcher la fumée secondaire de traverser d’un logement à l’autre. Ça peut avoir des effets néfastes sur la santé des gens. Il y a données probantes qui le confirment. Tout le monde, y compris nos partenaires du milieu du logement, est d’accord que c’est la meilleure solution pour protéger la santé des gens qui y habitent ou y travaillent », affirme le gestionnaire de programme en santé mentale et bien-être en milieu scolaire et communautaire à SPO, Marino Francispillai.

L’organisation va même plus loin en suggérant de prohiber les zones désignées de consommation de marijuana ou de vapotage à l’extérieur. Elle souhaite aussi qu’il ne soit pas permis de fumer du cannabis dans des salons publics intérieurs, au même titre que les chichas, qui sont encadrées par une réglementation municipale en vigueur depuis décembre 2016.

Interrogé à savoir si une telle interdiction n’aurait pas pu s’appliquer au tabac également, le gestionnaire précise que « le tabac était déjà légal et que des règlements et lois ont été mis en place dans les 10 ou 15 dernières années, tandis que le cannabis est un produit illégal qui s’apprête à devenir légal ce qui permet d’établir à l’avance les règles du jeu. »

Il précise qu’en Ontario, les nouveaux formulaires de baux récemment mis en place permettent aux propriétaires qui le désirent d’inclure une clause interdisant la consommation de tabac dans leurs logements.

Membre du Conseil de santé d’Ottawa et président de la Société de logement communautaire d’Ottawa, qui loge quelque 32 000 personnes, l’élu Mathieu Fleury abonde dans le même sens.

« Tout le monde qui habite déjà dans les logis peut modifier volontairement son bail pour qu’il soit sans fumée, alors que pour tous les nouveaux locataires, c’est mandaté dans le bail. Ils n’ont donc pas le droit de fumer dans leur unité. Un espace sans fumée où l’on vit, dort et accueille les membres de notre famille, c’est super important. Si cet environnement-là est nuisible à leur santé, nous en tant que propriétaires, on a une responsabilité », lance-t-il.

Il ajoute que les plaintes de locataires au sujet de la consommation de cannabis sont fréquentes, entre autres en raison de l’odeur. Certains fumeurs récalcitrants ont été évincés de leur logis.

« C’est important pour nous de dire : regardez, on ne veut pas qu’il y ait un recul sur les gains faits en Ontario et à Ottawa en matière d’environnement sans fumée. On doit donner l’autorité aux propriétaires de protéger les locataires, surtout sachant que la marijuana peut être consommée autrement qu’en la fumant. Elle peut être mangée on peut la prendre en huile, par exemple, alors que de la fumer a des impacts sur le voisinage », de dire M. Fleury.

Selon SPO, plusieurs des 36 bureaux de santé à travers l’Ontario ont émis une recommandation qui va dans le même sens que la sienne.

La nouvelle loi sur le cannabis proposée par l’Ontario permettra de consommer du cannabis récréatif que dans une résidence privée.

La consommation dans tout endroit public ou dans un véhicule à moteur sera illégale.