« C'est le report d'un go. On vient de perdre une année et c'est très coûteux pour nous et tout le monde», soutient le groupe citoyen Santé Outaouais 2020 au sujet de la faculté satellite de médecine. Sur la photo, on aperçoit les vice-président et président du groupe, Gilbert Langelier et Michel Légère.

Santé Outaouais 2020 craint des délais de plus

« Allons-nous dans la même direction que l'autoroute 50, qui a pris une cinquantaine d'années à se réaliser et qui n'est pas une autoroute ? » peste Santé Outaouais 2020.
Un mois après avoir déposé un rapport qui blâme le gouvernement pour le non-respect de ses engagements, le groupe citoyen revient à la charge en disant que les ministres Bolduc et Vallée se contredisent au sujet de la future faculté satellite de médecine dans la région et qu'il est « minuit moins cinq » pour réaliser ce projet.
Alors que l'année 2016 a été avancée à maintes reprises dans le passé pour l'instauration de la faculté, le groupe digère mal que le ministre de la Santé Gaétan Barrette ait indiqué lors de son passage à Gatineau, la semaine dernière, qu'une décision sera prise avant la fin du mandat des libéraux en 2018.
« C'est le report d'un go. On vient de perdre une année et c'est très coûteux pour nous et tout le monde. [...] À son arrivée au pouvoir, la ministre Stéphanie Vallée a indiqué que c'était dans la machine. Puis le temps a passé et la maladie de la 'comité-ite' a fait son oeuvre », dénoncent les porte-parole du regroupement, Michel Légère et Gilbert Langelier.
Selon eux, le temps presse d'autant plus qu'une telle faculté serait un outil clé pour contribuer à régler la pénurie chronique de médecins dans la région. Il en manquerait présentement plus de 120, l'une des pires statistiques de la Belle
Province.
Santé Outaouais 2020 cite en exemple la faculté satellite de médecine à Trois-Rivières, affiliée à l'Université de Montréal, qui a débuté ses activités en 2004 avec une cohorte de 24 étudiants. Des quelque 60 finissants jusqu'à l'an dernier, 80 % ont choisi de pratiquer en Mauricie et dans le Centre-du-Québec. Dans le cas de la faculté à Saguenay, affiliée à l'Université de Sherbrooke, ce taux de rétention atteindrait 85 %.
« L'Outaouais, qui compte 100 000 personnes de plus que le Saguenay, la Mauricie et le Centre-du-Québec, mérite un programme équivalent au leur, d'autant plus que le Québec a la capacité de l'offrir à l'extérieur de la province. Il semble qu'encore une fois, on se dit que l'Outaouais peut bien attendre. [...] Cette façon de faire est la pointe de l'iceberg. Cela n'augure pas bien pour la création du pavillon des sciences de la vie de l'UQO ni pour son pavillon des arts. »
Contacté par LeDroit, le recteur de l'UQO, Jean Vaillancourt, a préféré ne pas commenter les propos de Santé Outaouais 2020.