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Santé en Outaouais: «Ça n'a pas de bon sens»
Le premier ministre François Legault à Gatineau, mercredi matin.

Accès aux soins en Outaouais: «ça n'a pas de bon sens», dit Legault

«Tout» le réseau de la santé de l’Outaouais doit faire l’objet d’ajustements pour régler une situation qui n’a actuellement «pas de bon sens», estime le premier ministre du Québec, François Legault.

De passage à Gatineau dans le cadre du caucus présessionnel de la Coalition avenir Québec (CAQ) mercredi et jeudi, M. Legault a fait savoir, lors d’un point de presse matinal au Hilton Lac-Leamy, que les trois priorités de son gouvernement – la santé, l’éducation et l’économie – valent aussi pour l’Outaouais.

Après avoir réitéré la veille l’engagement de son parti pour l’ouverture d’un nouvel hôpital de 170 lits dans la région en 2023, le premier ministre a souligné, mercredi, que différentes mesures doivent être implantées en Outaouais afin de répondre aux besoins de la population.

«Ça n’a pas de bon sens l’accessibilité aux soins ici, que ce soit en première ligne, que ce soit en deuxième ou troisième ligne, a-t-il lancé. Il y a du travail à faire, il manque de médecins, il manque d’infirmières. Il faut revoir les incitatifs pour être en compétition avec Ottawa et les salaires plus élevés, donc il faut ajuster tout notre réseau de la santé.»

Ayant lui-même reconnu que l’Outaouais souffre d’un sous-financement chronique dans divers domaines, M. Legault affirme que son gouvernement est prêt à investir les sommes nécessaires pour qu’un rattrapage soit fait. Tel qu’il l’avait fait en campagne électorale, il a ouvert la porte à une rémunération accrue pour les travailleurs du réseau de la santé de la région, en raison du contexte frontalier.

 «Les gens de l’Outaouais payent les mêmes impôts, les mêmes taxes que les gens du reste du Québec, donc pourquoi il y aurait moins de médecins par 1000 habitants? Et mieux que ça, pour offrir les mêmes services ici, il faut payer un peu mieux, par exemple les infirmières, parce qu’il y a un attrait à aller de l’autre côté à un meilleur salaire», a-t-il mentionné.

En matière d’éducation, le premier ministre a évoqué le «défi» du taux élevé de décrochage dans la région, en soulignant qu’il faut «mettre en place tout ce qui est nécessaire pour [le] réduire».

En ce qui concerne le développement économique, M. Legault souhaite «créer des emplois bien payés dans la région», mais aussi ajouter des infrastructures. Il a ainsi réitéré la promesse de son parti de procéder à l’élargissement de l’autoroute 50 le plus rapidement possible.

«Il faut arrêter d’en parler, il faut la réaliser», a-t-il lancé, en ajoutant que le ministre responsable de la région, Mathieu Lacombe, «n’en dort plus», mais qu’il va éventuellement dévoiler un échéancier pour la réalisation de ce projet.

Conscient que les attentes sont grandes alors que son parti a effectué une percée historique en octobre dernier en obtenant trois des cinq sièges de la région à l’Assemblée nationale, François Legault considère que les citoyens de l’Outaouais doivent avoir accès à «des services comparables à ce qui se donne dans le reste du Québec». Il compte donc sur ses députés régionaux pour livrer la marchandise, et lorgne même la possibilité de faire d’autres gains aux prochaines élections. «On a trois sièges, d’abord je veux être sûr qu’on en garde trois en 2022, et pourquoi pas monter à quatre ou cinq», a-t-il lancé.

Pedneaud-Jobin satisfait

Ayant eu l’occasion de s’adresser à tout le caucus caquiste, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, estime pour sa part que l’Outaouais «a une occasion assez exceptionnelle de changer [sa] relation avec le gouvernement du Québec».

«Les anciens gouvernements ont fait beaucoup de choses positives et ont fait avancer la région, mais on n’a jamais été capables de se débarrasser du sentiment d’avoir été négligés et oubliés», a-t-il mentionné en entrevue avec Le Droit.

L’Outaouais doit donc travailler avec le gouvernement du Québec «comme partenaire, pour qu’on fasse le rattrapage en santé, en éducation et en développement économique, en particulier dans le monde rural», croit le maire de Gatineau.

En plus d’avoir parlé de différents enjeux régionaux devant les députés de la CAQ, M. Pedneaud-Jobin a pu s’entretenir avec différents ministres pour aborder des dossiers directement liés à la Ville de Gatineau. Le projet de train léger dans l’ouest a évidemment fait partie de ses discussions. Le dossier «avance» et «la discussion continue», a-t-il fait savoir, mais aucun engagement ferme n’a encore été obtenu de Québec pour ce projet.