Le manque de personnel force certaines résidences pour aînés à revoir à la baisse l’offre de services dans leurs contrats.

Résidences privées pour aînées: une pénurie généralisée

Le manque de personnel force certaines résidences pour aînés à revoir à la baisse l’offre de services dans leurs contrats.

Le président-directeur général du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), Yves Desjardins, souligne que la pénurie de main-d’œuvre observée dans bien des domaines au Québec touche également celui de la santé, tant dans le secteur public que dans le privé.

Ce problème découle notamment du fait que « la population active, celle en âge de travailler, diminue grandement », note M. Desjardins. Et pendant ce temps, le vieillissement de la population continue de faire son œuvre.

« Les gens arrivent souvent autonomes en résidence, et puis la perte d’autonomie s’accentue, donc il faut que l’offre de services soit adaptée », dit-il.

Le RQRA n’a pas de statistiques précises sur l’ampleur de la pénurie de préposés en province. « Mais ce que je sais, c’est qu’il y a certaines résidences qui ont diminué leur offre de services, indique Yves Desjardins. Il y a des services qu’on n’offre plus parce qu’on n’a pas le personnel. »

Le cas rapporté par les proches d’une résidente du Château Symmes de Gatineau surprend — et « désole » — le président-directeur général du RQRA. Si la surveillance d’une personne en perte d’autonomie doit être assumée à une fréquence précise en fonction du bail, la pénurie de personnel ne peut pas justifier qu’elle ne soit pas effectuée.

« Si j’écris que je vous sers des repas dans le contrat, je ne peux plus décider du jour au lendemain de ne plus en servir », donne en exemple M. Desjardins.

Le RQRA, qui compte 735 membres assurant la gestion de quelque 84 000 unités locatives aux quatre coins du Québec, a élaboré un plan stratégique qui vise notamment l’amélioration du recrutement et de la rétention de préposés.

« Nous avons des ateliers et des rencontres avec nos membres, des travaux à faire avec eux pour qu’ils arrivent à mieux séduire [les travailleurs], explique Yves Desjardins. Il y en a des gens qui sont prêts à travailler, mais il y a de la compétition entre les employeurs et il va falloir qu’on soit meilleurs, en offrant un meilleur environnement de travail, de meilleurs avantages et en étant un bon employeur. »

La réglementation sur la certification des résidences privées pour aînés prévoit que les préposés qui y œuvrent doivent suivre, à l’intérieur de leur première année d’embauche, un programme de formation d’aide à la personne de 126 heures ou qu’ils détiennent une formation jugée équivalente.