Les activités chirurgicales pourraient reprendre à 70% de leur niveau habituel d’ici la fin juin dans les blocs opératoires de l’Outaouais.
Les activités chirurgicales pourraient reprendre à 70% de leur niveau habituel d’ici la fin juin dans les blocs opératoires de l’Outaouais.

Reprise graduelle des activités chirurgicales en Outaouais

Les activités chirurgicales pourraient reprendre à 70% de leur niveau habituel d’ici la fin juin dans les blocs opératoires de l’Outaouais.

En point de presse en début de semaine, la ministre de la Santé, Danielle McCann, avait affirmé que l’Outaouais faisait partie des régions où les chirurgies pourraient reprendre à 70% de la capacité normale du réseau régional.

Le Dr Nicolas Gillot, directeur des services professionnels au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), a indiqué en entrevue avec Le Droit qu’il y a actuellement «une augmentation des listes d’attente» pour les chirurgies électives (non urgentes) dans la région en raison du délestage d’activités effectué depuis le début de la pandémie. Une certaine amélioration a toutefois pu être observée pour les chirurgies oncologiques.


« Si une personne nous dit qu’elle a des symptômes compatibles avec la COVID-19, on peut donner les soins requis, mais avec les précautions nécessaires »
Dr Nicolas Gillot

Pour les blocs opératoires, le CISSSO «a commencé à repartir la machine». Le Dr Gillot estime qu’ils roulent actuellement «aux alentours de 50%» de ce qui était auparavant observé.

Certaines mesures mises en place pour prévenir la propagation de la COVID-19 empêchent les activités chirurgicales de reprendre à 100%. «Entre deux patients, il faut parfois changer l’air de la salle», donne en exemple le Dr Gillot. Des salles ont aussi «été réquisitionnées pour traiter des cas» confirmés, a-t-il ajouté.

Dans le contexte actuel, le Dr Gillot affirme que le fonctionnement à 70% des blocs opératoires sera «le plus haut» que le CISSSO pourra aller. Il estime que l’organisation pourrait y arriver «d’ici la fin juin».

La question de la main-d’oeuvre devra être considérée dans l’élaboration du plan de match, car des employés habituellement affectés dans un bloc opératoire ont été appelés à travailler dans les unités réservées aux cas positifs de COVID-19, qui sont situées à l’Hôpital de Hull. Le CISSSO doit aussi adapter plusieurs étapes comme la préadmission, car il est désormais impossible de réunir «15 à 20 personnes» dans une salle d’attente.

Le directeur des services professionnels au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais, Dr Nicolas Gillot

Autres activités

En dehors des blocs opératoires, certains secteurs d’activités ayant été au ralenti depuis le début de la crise fonctionnent déjà à près de 90% de la normale, a fait savoir le Dr Gillot. Beaucoup de rendez-vous ont pu être maintenus grâce à la téléconsultation, entre autres pour les cliniques externes.

En imagerie médicale, le CISSSO estime qu’une reprise à 70% de la normale «est facile à atteindre».

Encore faut-il que les patients se présentent à leur rendez-vous. «Il faut qu’on puisse rassurer la population», insiste le Dr Gillot. Même si l’Hôpital de Hull abrite le centre désigné COVID-19 de la région, il y a sur place «des corridors dédiés, des ascenseurs réservés, des ascenseurs froids», donne-t-il en exemple.

Ici comme ailleurs, «il n’y a pas d’établissement à l’abri» d’une éclosion, reconnaît le Dr Gillot, qui souligne toutefois qu’une personne peut aussi contracter la COVID-19 en faisant une chose aussi banale qu’un plein d’essence. «Les gens sont bien protégés et sont bien formés» dans le réseau de la santé, insiste-t-il.

Les autorités demandent toutefois à tous les patients «d’être sincères» lorsqu’ils se présentent dans un établissement de santé et de ne cacher aucun symptôme. «Si une personne nous dit qu’elle a des symptômes compatibles avec la COVID-19, on peut donner les soins requis, mais avec les précautions nécessaires», explique le Dr Gillot.

Les patients qui souhaitent se présenter à leur rendez-vous avec un masque artisanal sont également en droit de le faire, a-t-il ajouté.