Alors que plusieurs rapports de coroners ont évoqué ces dernières années des décès « évitables » en Outaouais, Mathieu Lacombe estime que le réseau régional de la santé n’a « pas d’autre choix que de s’améliorer ».

Rapports de coroners: le ministre Lacombe préoccupé

Le nombre de décès menant à des recommandations de coroners visant le réseau de la santé de l’Outaouais est « préoccupant » pour le ministre Mathieu Lacombe.

Depuis 2016, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a été visé par des recommandations de coroners dans 15 dossiers de décès. Selon une compilation récemment effectuée par Le Droit, aucun autre centre de santé du Québec n’a été visé autant de fois par des rapports de coroners pendant cette période.

« C’est préoccupant, admet le ministre Lacombe. Je ne peux pas mentir et dire que ce n’est pas préoccupant. »

M. Lacombe dit faire confiance « aux autorités médicales de la région ». « Je pense qu’elles font un bon travail, qui n’est pas parfait – mon travail non plus n’est pas parfait. Je pense qu’on peut s’améliorer, mais dans ce cas-ci, ça a une importance particulière, parce qu’on parle de la vie des gens. »

Alors que plusieurs rapports de coroners ont évoqué ces dernières années des décès « évitables » en Outaouais, Mathieu Lacombe estime que le réseau régional de la santé n’a « pas d’autre choix que de s’améliorer ».

M. Lacombe a par ailleurs été invité à commenter les revendications vaines du corps médical pour que le projet de réaménagement de l’unité des naissances de l’Hôpital de Gatineau comprenne deux salles de césarienne au même étage que les futures chambres TARP (travail-accouchement-récupération-postpartum). Plusieurs médecins ont notamment fait savoir ces dernières années que le transfert d’étage pour les césariennes urgentes – ce qui est le cas en ce moment – engendre des enjeux de sécurité pour les mères et leurs bébés.

« C’est certain que ça me préoccupe », a réagi le ministre responsable de l’Outaouais, qui n’a toutefois pas voulu prendre position d’un côté ou de l’autre. « Quand on parle de santé, de sécurité, de naissances, c’est un sujet délicat, a-t-il mentionné. Je comprends que dans ce cas-ci, il y a une mésentente, il y a un problème particulier. Moi, je suis la situation de près […], mais c’est un dossier vraiment que je vais laisser à la ministre de la Santé. »

Mathieu Lacombe a souligné que le projet des chambres TARP est « important », entre autres pour rapatrier des mères de l’Outaouais qui accouchent sur la rive ontarienne. Il ne serait donc pas dans les plans de mettre le projet sur pause pour envisager son intégration dans le nouvel hôpital que la Coalition avenir Québec a promis de construire d’ici cinq ans dans la région.

« Le projet d’un nouvel hôpital en Outaouais, ça ne vient pas arrêter tout ce qui se fait, a-t-il dit. […] Selon ce que je comprends, [le projet des chambres TARP] continue d’aller de l’avant. »

En ce qui concerne le futur hôpital de 170 lits, M. Lacombe assure que le projet est « bien sur les rails ». Aucun site n’a encore été choisi. « On a toujours dit qu’on laisserait les experts faire le travail », a-t-il mentionné.