Dans l’optique d’une population vieillissante et dans la réalité rurale du soutien à domicile, particulièrement dans les régions comme le Pontiac, le rapport de Santé Outaouais apporte une lumière sur un système qui fonctionnait bien avant la réforme Barrette.

Rapport de Santé Outaouais 2020: le CISSSO se défend

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) reconnaît que le système en place dans le Pontiac avant la réforme du réseau était plus flexible et misait davantage sur la proximité, tel que révélé dans le plus récent rapport du groupe Santé Outaouais 2020 (SO2020).

Le document rédigé pour le compte de SO2020 présente, en plus du point de vue de différents intervenants du Pontiac, celui de l’adjoint au président-directeur général du CISSSO, Benoît Gauthier. « M. Gauthier admet d’emblée que le système de santé et de services sociaux en place avant la Loi 10 avait une plus grande souplesse et une gouvernance axée sur la proximité, écrivent les auteurs du rapport. Le taux de satisfaction de la population avant la réforme était très élevé. Un sondage tenu aujourd’hui ne révélerait pas la même satisfaction », concède-t-il.

Il est aussi souligné que « le CISSSO ne verrait pas d’un mauvais œil la relocalisation de certains services dans le Pontiac, mais [que] les conventions collectives en empêcheraient la réalisation ».

M. Gauthier a également mentionné aux rédacteurs du rapport qu’« il y a davantage d’heures travaillées au niveau clinique qu’avant la réforme », et que le CISSSO « tient compte de la réalité rurale dans le soutien à domicile ».

Le représentant du CISSSO a convenu que davantage de suivis étaient souhaitables, notamment auprès des élus et de la population du Pontiac, pour « démontrer » que « l’impact du CISSSO a été positif ».

Le CISSSO note également, selon ce qui est rapporté dans le rapport de SO2020, qu’une étude est en cours pour « maximiser l’espace opératoire » à l’hôpital de Shawville, et qu’« il n’y a pas de danger que la clinique de Fort-Coulonge soit éliminée ou que ses services soient réduits ». L’organisation rappelle aussi que le Pontiac offrira bientôt de l’hémodialyse, une revendication de longue date pour laquelle la communauté a contribué à hauteur de 660 000 $.

Les auteurs du rapport notent toutefois que malgré « les avantages de faire partie d’une grande entité » cités par le CISSSO, « la démonstration n’a pas encore été faite ». 

« On ne peut malheureusement revenir en arrière et recréer le modèle d’avant la réforme, mais il est possible de renforcer les services, en s’inspirant des caractéristiques du modèle préréforme », écrivent-ils. Ils formulent ainsi neuf recommandations visant notamment l’adoption d’une « approche fondée sur les valeurs de proximité et d’interdisciplinarité », la délocalisation de certains services, la révision de l’« efficacité des procédures » pour les services aux jeunes et la nomination d’un représentant des régions rurales au conseil d’administration du CISSSO.

Le président de SO2020, Andrew Gibson, affirme que les membres du groupe « restent toujours constructifs » et note qu’« il y a une certaine volonté de la part du CISSSO d’essayer de trouver des pistes de solutions ». 

Il espère donc voir le CISSSO tenter d’« innover à l’intérieur des contraintes » de la Loi 10.