Le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, a confirmé que son gouvernement avait toujours toute confiance au directeur général du CISSSO.

Québec nomme un accompagnateur pour le CISSSO

Québec nomme un accompagnateur dans l’espoir de rétablir une confiance entre la population et le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), dont le grand patron est visé par une demande de destitution de la part des élus de la Haute-Gatineau.

Le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, a fait savoir vendredi que le gouvernement fait toujours « confiance » au président-directeur général du CISSSO, Jean Hébert, mais qu’un accompagnement est jugé nécessaire pour « donner tous les outils nécessaires » à l’organisation.

« Pour nous, c’est important qu’il y ait un lien de confiance entre la population et le réseau de la santé, a mentionné M. Lacombe. […] Si on n’avait pas confiance en M. Hébert, on le démettrait de ses fonctions. Là, M. Hébert est en selle, il a notre confiance, ceci dit il y a du travail à faire au niveau du lien de confiance qui a été ébranlé ».

L’imposition d’un tel accompagnement a été confirmée un peu plus tard par un communiqué de presse dans lequel la ministre de la Santé, Danielle McCann, annonce la nomination de Sylvain Gagnon à titre de « mandataire spécial » au CISSSO. Cette décision découle notamment du fait que « plusieurs partenaires de différents horizons ont fait part, au cours des dernières semaines, de certains enjeux en lien avec l’organisation des services, la disponibilité des ressources, la réponse aux besoins de la population et la gouvernance » du CISSSO, précise le communiqué. À cela s’ajoutent des « inquiétudes » découlant du déficit anticipé de 12,7 millions $ pour l’année en cours.

Le mandat de Sylvain Gagnon sera de documenter les enjeux différents soulevés. « Un rapport présentant les éléments d’information en lien avec la situation et des recommandations, le cas échéant, devra être remis à la ministre au plus tard le 31 janvier 2019 », indique le gouvernement en précisant que cette décision « a été prise d’un commun accord » avec M. Hébert et la présidente du conseil d’administration du CISSSO, Lucie Lalonde.

« Compte tenu des enjeux préoccupants portés à mon attention, nous avons décidé que la nomination d’un mandataire spécial était nécessaire afin d’assurer les meilleurs services possible aux usagers de l’Outaouais, indique la ministre McCann dans le communiqué. J’ai demandé à ce que monsieur Gagnon puisse nous remettre rapidement un rapport faisant état de ses observations, afin que nous puissions ensuite travailler tous ensemble à la mise en place de correctifs, au besoin. »

Grogne en Haute-Gatineau

Accompagnée d’une soixantaine de personnes, la préfète de la Municipalité régionale de comté (MRC) de la Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche, s’était présentée jeudi soir devant les membres du conseil d’administration du CISSSO pour leur faire part de multiples récriminations. Les maires de la MRC estiment notamment que M. Hébert néglige les secteurs ruraux au profit de la zone urbaine et remettent en question les décisions prises depuis la création du CISSSO, en 2015.

Une lettre a également été envoyée à la ministre de la Santé, Danielle McCann, afin de réclamer la destitution du grand patron du CISSSO.

Vendredi après-midi, Mme Lamarche s’est dite « très satisfaite » de la nomination d’un accompagnateur pour le p.-d. g. du CISSSO, soulignant que la ministre de la Santé a « réagi en moins de 24 heures ».

« Ils ne le disent pas, mais selon moi, ça ressemble à quelqu’un qui est placé sous tutelle, indique Chantal Lamarche. Je suis très satisfaite, on va suivre ça de près. La population est derrière moi. »

Le torchon brûle depuis des mois entre les élus de la Haute-Gatineau et le CISSSO. 

Les maires ont craint cet automne qu’un bris de services survienne en anesthésiologie. Ce sont finalement des bris de services en chirurgie générale qui ont fait déborder le vase.

La préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau affirme avoir tenté à plusieurs reprises d’entrer en communication avec la direction du CISSSO pour partager ses inquiétudes. Elle soutient que Jean Hébert et son entourage n’ont jamais accusé réception des invitations à la discussion par les élus de la Haute-Gatineau.

La démission subite d’un des deux seuls détenteurs de poste en chirurgie générale à l’Hôpital de Maniwaki a laissé les autorités régionales du réseau de la santé avec un véritable casse-tête à résoudre. 

Pour une troisième fois depuis la mi-novembre, un bris de services en chirurgie générale s’est entamé vendredi à Maniwaki, pour une durée de neuf jours. 

Avec Julien Paquette