Boba, un labrador dressé par Mira, fait partie de l’équipe de la CPO, prévenant ainsi la détresse psychologique chez les paramédics.

Quand les paramédics doivent décompresser

Dans les 12 derniers mois seulement, la Coopérative des paramédics de l’Outaouais (CPO) a enregistré quatre cas de trouble de stress post-traumatique (TSPT) dans ses rangs. «C’est déjà trop», dit son directeur général. C’est la raison qui a poussé l’organisme à se doter d’un programme de pairs aidants, à revoir de fond en comble sa façon de travailler avec les drames humains, et à recruter Boba, un nouvel employé poilu et sans malice.

Un paramédic peut vivre entre 600 et 800 situations traumatisantes dans une carrière.

Avec les policiers et les militaires, les paramédics font partie de ceux qui connaissent le plus d’événements trumatisants dans leurs carrières.

«On parle de cas de misère humaine, explique Paul Levesque, directeur général de la CPO. À la blague, on dit qu’à la fin de nos visites chez le psychologue, c’est le psychologue qui pleure.»

Les paramédics ont toujours eu accès à un programme régulier d’aide aux employés. «Ce n’était pas suffisant», dit M. Levesque. La direction veut maintenant «embarquer» quatre ou cinq psychologues dans ses ambulances pour leur montrer la réalité quotidienne des paramédics sur le terrain.

Concrètement, et à court terme, la réforme sur l’aide psychologique aux paramédics de l’Outaouais s’inscrit en quatre chapitres.

La Coop a d’abord créé un fichier sur son système informatique interne intitulé ‘Clique, si tu as besoin d’aide’. Ce fichier donne accès aux services d’un psychothérapeute, d’une conseillère aux ressources humaine et à de l’information utile en cas d’urgence émotive et personnelle.

Puis, la CPO s’est inspirée d’une idée des paramédics de Québec.

«Ils ont un chien qui leur sert en quelque sorte de mascotte et de confident. De notre côté, dit M. Levesque, on a décidé d’aller plus loin en se dotant d’un chien Mira dressé pour prévenir la détresse psychologique.» Boba a son numéro d’employé, ses vacances et sa résidence, chez un chef aux opérations de la Coop.

«Il nous aide à désamorcer des crises chez les paramédics. Il permet aux gens de s’ouvrir et de décompresser. On peut aussi l’utiliser sur le terrain, avec des enfants qui pourraient avoir été témoins de drames ou d’épreuves difficiles à vivre.» Boba a d’ailleurs sa propre page Facebook.

Le programme de pairs aidants prévoit la formation des chefs aux opérations et des cadres pour désamorcer des crises «et prendre la chaleur» auprès des paramédics éprouvés.

La CPO formera enfin des paramédics triés sur le volet, afin qu’ils puissent aider leurs collègues en milieu de travail et sur le plan personnel.

«Il s’agit de meneurs, de gens qui sont respectés par leurs pairs, qui savent garder leurs confidences et les conseiller sur la nécessité d’aller chercher l’aide appropriée.»

«On espère avoir un programme complet d’ici le mois de mars», conclut le directeur général de la CPO.

Par ailleurs, la Coopérative des paramédics de l’Outaouais fête son 30e anniversaire en 2019. La direction et les employés préparent un gala samedi, pour souligner cet anniversaire.