Provoquer des crises d’épilepsie pour les faire disparaître

MONTRÉAL - La provocation de crises d’épilepsie avant une intervention chirurgicale est un moyen pratique et efficace de localiser la zone épileptogène, démontre une nouvelle étude réalisée par des chercheurs montréalais et européens.

La chirurgie est le seul moyen d’éliminer les crises chez 30 pour cent des patients atteints d’épilepsie partielle pharmacorésistante.

Il est fréquent pour les patients atteints d’épilepsie en attente de chirurgie de devoir rester en observation à l’hôpital pendant une ou deux semaines pour que leurs crises puissent être répertoriées. En localisant la zone épileptogène, les médecins peuvent savoir sur quelle partie du cerveau ils doivent intervenir pour empêcher que d’autres crises ne surviennent.

Ce séjour à l’hôpital peut être extrêmement pénible pour les patients et coûteux pour le système de santé.

La nouvelle étude à laquelle ont participé des chercheurs du Neuro (l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal) s’est penchée sur les données recueillies chez 103 patients épileptiques de Montréal, au Canada, et de Grenoble, en France. L’équipe dirigée par la docteure Birgit Frauscher s’est servie de méthodes statistiques pour établir des corrélations entre la présence de crises provoquées, la zone où elles se sont produites et l’issue de l’intervention pour les patients.

Ces chercheurs ont constaté que les patients chez qui des crises ont été déclenchées avaient obtenu de meilleurs résultats que les patients pour qui cette avenue s’était révélée impossible. En outre, ils ont noté une forte similarité entre les zones où s’étaient produites les crises, qu’elles aient été provoquées ou qu’elles soient survenues spontanément.

Ces observations portent à croire que la provocation de crises permet de localiser les zones épileptogènes aussi efficacement que la survenue spontanée.

En mettant cette méthode à profit, il pourrait être possible d’écourter considérablement les séjours à l’hôpital des patients en attente de chirurgie et de réduire les coûts pour les hôpitaux où ces interventions sont pratiquées.

Les résultats de l’étude ont été publiés dans le numéro du 10 juin 2019 du Journal of the American Medical Association.