Le ministre Mathieu Lacombe croit toujours à la construction d’un nouvel hôpital en Outaouais pour combler le manque de lits.

Problèmes au CISSSO et nouvel hôpital: « pas de baguette magique », dit Lacombe

Le nouveau gouvernement caquiste «n’a pas de baguette magique» pour guérir les maux du réseau de la santé de l’Outaouais, aux prises avec une crise de «confiance». «On ne réussira peut-être pas à régler tous les problèmes, mais ce n’est pas parce qu’on n’essayera pas», affirme le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe.

En entrevue éditoriale avec Le Droit, le député de Papineau à l’Assemblée nationale estime que son gouvernement a fait la bonne chose en nommant un «mandataire spécial» pour analyser les problèmes qui sévissent au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO).

M. Lacombe ne croit pas que le problème soit systémique dans le réseau de la santé de la région. «Je dirais que c’est vraiment un problème de confiance», dit-il en soulignant que le grand patron du CISSSO, Jean Hébert, «a mené une réforme qui n’a pas du tout été populaire».

«Je pense que ça a laissé des cicatrices chez beaucoup de personnes, je pense qu’il y a des citoyens et des élus qui en ont gros sur le cœur, et je pense aussi que leurs critiques méritent d’être entendues, que leurs questions sont valables, a-t-il mentionné. C’est ce sur quoi va se pencher le mandataire.»

Ce n’est pas le premier accompagnateur à être nommé pour tenter d’améliorer les choses dans le réseau de la santé de l’Outaouais. À ce chapitre, le ministre Lacombe estime que son gouvernement ne «peut pas se baser sur ce qui a été fait dans le passé», et demeure convaincu que la nomination d’un mandataire s’imposait.

«Le lien de confiance est ébranlé actuellement entre le système de santé et la population, et on ne peut pas se permettre ça, parce qu’on travaille avec la vie des gens dans le système de santé, insiste-t-il. Le lien de confiance doit exister et doit être fort. […] L’objectif, c’est de rétablir la confiance, et il faudra prendre le moyen approprié.»

Nouvel hôpital

M. Lacombe ne cache pas que de gros investissements devront être faits, entre autres pour le nouvel hôpital de 170 lits promis par la Coalition avenir Québec pendant la campagne électorale.

«C’est certain que ça coûte cher, mais quand on en a besoin, il faut le faire», a-t-il plaidé.

Il lui est toutefois impossible, pour l’instant, de dire si une nouvelle construction est bel et bien la meilleure solution, ou si l’agrandissement de l’Hôpital de Hull pourrait être privilégié par «les experts» du ministère de la Santé. Chose certaine, il souhaite encore que les nouveaux lits soient prêts à accueillir des patients en 2023.

«L’objectif sur lequel tout le monde s’entend, c’est qu’on a besoin de plus de lits en Outaouais, dit-il. Selon nous, le projet qui est le plus porteur, c’est un nouvel hôpital, parce qu’on pense que ça va être mobilisateur […] que ça va attirer des professionnels dans la région.»

Les guerres de clochers entre médecins connues lors de fusions précédentes ne lui font pas peur. «Je ne pense pas qu’il faut se dire que parce qu’on anticipe des chicanes avec les médecins, on ne donnera pas aux citoyens ce à quoi ils ont droit», a-t-il fait valoir.

Mathieu Lacombe ne peut pas dire, pour l’instant, si les coffres du gouvernement commenceront à allouer des sommes au projet d’hôpital dès le prochain budget.

«Au prix que ça va coûter, on veut aussi s’assurer qu’il y a des experts qui valident le choix avant qu’on lance le projet, a-t-il mentionné. […] Est-ce que des nouveaux lits, ça passe inévitablement par un nouvel hôpital ? La réponse est non, parce que ça pourrait aussi être un agrandissement, mais ce n’est pas le scénario qu’on privilégie à ce moment-ci.»

Peu importe la solution qui sera retenue, l’Hôpital de Hull devra aussi être rénové, parce qu’il «a besoin d’amour», reconnaît M. Lacombe, sans toutefois pouvoir s’avancer sur un échéancier.

Tout en soulignant que le gouvernement «n’a pas de baguette magique» pour régler tous les problèmes du réseau, le ministre responsable assure que ses collègues et lui entendent «vraiment faire de [leur] mieux» au cours des quatre prochaines années.