Une femme de la région de Québec qui souffre du cancer a rencontré le premier ministre Justin Trudeau pour le sensibiliser à la nécessité d’augmenter la durée des prestations de maladie de l’assurance-emploi à 50 semaines.

Prestations de maladie: une femme souffrant du cancer a rencontré Trudeau

Une femme de la région de Québec qui souffre du cancer a rencontré le premier ministre Justin Trudeau pour le sensibiliser à la nécessité d’augmenter la durée des prestations de maladie de l’assurance-emploi à 50 semaines.

Émilie Sansfaçon, 30 ans, n’a pas d’assurance privée avec son employeur et va être obligée de recommencer à travailler même s’il lui reste des traitements à subir. C’est la deuxième fois qu’elle souffre d’un cancer.

«Au moment où j’ai eu mon deuxième diagnostic, la première chose que je me suis dite, c’est: qu’est-ce que je vais faire financièrement? Je ne me suis pas dit: oh mon Dieu, je vais avoir des traitements de chimio», explique la mère de famille.

«J’ai déjà à vivre avec un diagnostic de cancer. (...) Donc, je trouve ça injuste. On a déjà à stresser sur ce qui se passe avec notre santé. De stresser en plus avec le côté financier, ça, non», déplore-t-elle.

Les prestations de maladie fédérales n’ont jamais été bonifiées depuis leur entrée en vigueur en 1971. Les libéraux se sont engagés à les augmenter à 26 semaines, mais Mme Sanfaçon dit que ce n’est pas assez.

Sa demande a été relayée par le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, qui a questionné M. Trudeau à ce sujet pendant la période des questions de lundi.

Le bureau de M. Trudeau a confirmé à La Presse canadienne qu’il a eu une brève rencontre avec Mme Sansfaçon, M. Blanchet et la députée bloquiste Louise Chabot. Les ministres Pablo Rodriguez et Carla Qualtrough étaient aussi présents et se sont entretenus plus longuement avec eux.

Une porte-parole bloquiste relate que le gouvernement a semblé ouvert à revoir son plafond de 26 semaines de prestations.

Au printemps dernier, le directeur parlementaire du budget (DPB) a estimé qu’il en coûterait 1 milliard $ de plus par année pour faire passer les prestations de maladie de 15 à 50 semaines.

Le DPB a aussi révélé que 77 pour cent des bénéficiaires qui avaient épuisé leurs 15 semaines n’étaient pas prêts à reprendre le travail et ont pris au moins 26 semaines de congé maladie pour se remettre sur pied.

Les prestations de maladie de l’assurance-emploi sont les seules prestations dites «spéciales» du programme fédéral d’assurance-emploi (maternité, parentales, de soignant) que les libéraux n’ont pas modifiées depuis leur arrivée au pouvoir en 2015.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) appuie déjà la demande de bonification des prestations de maladie à 50 semaines, comme le Bloc québécois, et le réclame lui aussi depuis longtemps.

Du côté du Parti conservateur du Canada, on a préféré tourner en dérision la sortie du Bloc. Le député Gérard Deltell estime que M. Blanchet a «brûlé ses cartouches» en offrant son appui au discours du Trône du gouvernement Trudeau dès qu’il a été prononcé.

«Si le Bloc estime aujourd’hui que c’est si important, pourquoi ne l’a-t-il pas demandé la semaine dernière, lors du discours du Trône? Mais non, il a été trop vite, trop rapide, trop heureux d’être content de tout de suite de dire oui au gouvernement Trudeau alors qu’il aurait pu se servir de ce vote-là pour faire avancer ce dossier-là», estime M. Deltell.