Des données obtenues par <em>Le Droit</em> montrent que sur les 3770 naissances de petits résidents de l’Outaouais enregistrées en 2019-2020, 1125 ont eu lieu dans un hôpital du côté ontarien, que ce soit à Ottawa, Hawkesbury ou Pembroke.
Des données obtenues par <em>Le Droit</em> montrent que sur les 3770 naissances de petits résidents de l’Outaouais enregistrées en 2019-2020, 1125 ont eu lieu dans un hôpital du côté ontarien, que ce soit à Ottawa, Hawkesbury ou Pembroke.

Près du tiers des mères de l’Outaouais accouchent en Ontario

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Alors que le projet de modernisation de l’unité de périnatalité de l’Hôpital de Gatineau annoncé en 2014 est au point mort, près du tiers des mères de l’Outaouais continuent d’accoucher sur la rive ontarienne.

Des données obtenues par Le Droit montrent que sur les 3770 naissances de petits résidents de l’Outaouais enregistrées en 2019-2020, 1125 ont eu lieu dans un hôpital du côté ontarien, que ce soit à Ottawa, Hawkesbury ou Pembroke. Cela représente une proportion de 29,8%, soit sensiblement le même portrait que l’année précédente.

En 2014-2015, un taux de naissances sur la rive ontarienne de 35,2% avait observé. Cette proportion a ensuite baissé et demeure assez stable depuis quelques années.

Afin de pouvoir espérer une baisse significative du nombre de mères de l’Outaouais qui accouchent en Ontario, le réseau de la santé de la région comptait ces dernières années sur la réalisation du projet de 32 chambres TARP (travail-accouchement-récupération-postpartum) à l’Hôpital de Gatineau, là où se trouve déjà l’unité de périnatalité.

À l’heure actuelle, 24 lits peuvent accueillir les mères qui viennent d’accoucher à l’Hôpital de Gatineau. Les autorités avaient espoir, avec les chambres TARP, de rapatrier sur la rive québécoise quelque 800 accouchements par année. Un tel changement contribuerait à réduire la facture pour les soins consommés à Ottawa par des résidents de l’Outaouais, qui a atteint près de 106 millions $ l’an dernier.

Une transition avant la concrétisation?

Malgré deux annonces faites en 2014 et en 2018, le projet est encore bien loin d’être réalisé. La présidente-directrice générale adjointe du CISSSO, France Dumont, a toutefois récemment affirmé au Droit qu’une «alternative à court terme» était prévue et que le projet des chambres TARP devait voir le jour dans le nouvel hôpital promis par la Coalition avenir Québec. Elle avait toutefois mentionné s’attendre à ce que le nouvel hôpital ne soit pas prêt avant 10 ou 15 ans.

Le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, n’a pour sa part pas voulu dire, plus tôt cette semaine, si le projet en périnatalité verra le jour à l’Hôpital de Gatineau ou dans la nouvelle infrastructure. «Je n’interférerai pas dans les dossiers médicaux du CISSSO, ce sont eux les experts», a-t-il mentionné, tout en reconnaissant que le futur hôpital ne sera pas prêt pour 2023 comme promis initialement.

Le ministre responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe

Le directeur des services professionnels et de la pertinence clinique du CISSSO, le Dr Nicolas Gillot, confirme qu’il faut «que le projet TARP puisse aboutir» pour aider l’organisation dans ses efforts de rapatriement.

L’endroit où le projet se concrétisera sera déterminé en fonction «des orientations» du plan clinique du CISSSO et des décisions que prendra le gouvernement, souligne le Dr Gillot. «Ultimement, il y a des services à donner à notre population pour l’obstétrique, mais à ce moment-ci, on est en attente des orientations qui vont être prises dans différents dossiers, dit-il. […] Disons qu’il y a certaines décisions qui ne peuvent pas être prises parce qu’on attend d’autres décisions.»

Le Dr Nicolas Gillot

Pontiac

Les plus récentes statistiques sur le lieu où ont accouché les mères de l’Outaouais montrent par ailleurs une baisse de près de 30% du nombre de naissances enregistrées à l’Hôpital du Pontiac entre 2018-2019 et l’année dernière.

Après avoir été confronté à de nombreux bris de service en obstétrique à Shawville, le CISSSO avait décidé, en février dernier, de procéder à une fermeture complète du service pendant six mois.

La pénurie d’infirmières formées en obstétrique n’est toutefois pas résolue, de sorte que le CISSSO a récemment annoncé que la fermeture se prolongeait, tout en annonçant que les sages-femmes pourront prochainement accompagner des femmes à accoucher à l’Hôpital du Pontiac.

Depuis février, à peine le tiers des nouvelles mamans du Pontiac ont accouché au Québec.

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