Les députés Maryse Gaudreault et Marc Carrière reconnaissent que «tout n’est pas parfait dans le réseau de la santé», et qu’«il reste des choses à faire pour les travailleurs».

«Prendre soin des gens rend malade»

« Actuellement, prendre soin des gens rend malade. » Voilà l’un des messages qu’ont voulu livrer des membres de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) lors d’une rencontre privée avec les députés Maryse Gaudreault et Marc Carrière.

C’est à l’invitation du syndicat que les deux députés ont écouté pendant deux heures, lundi midi à l’Hôpital de Gatineau, les doléances de travailleurs. Un exercice qui se répétera la semaine prochaine du côté de l’Hôpital de Hull.

« Ça a été très touchant, a confié Mme Gaudreault au terme de la rencontre. Il y a des personnes qui sont en arrêt de travail aujourd’hui, qui, suite à de l’épuisement, ont dû quitter un métier – peut-être temporairement – […] qu’ils aimaient beaucoup. »


«  On a demandé d’avoir une préoccupation plus importante pour l’humain que pour le budget.  »
la répondante politique du syndicat en Outaouais, Andrée Poirier

Son collègue Marc Carrière dit avoir tiré un constat « à la fois enrichissant » et « préoccupant » des témoignages entendus. « Quand on parle de la santé et de nos travailleurs, si on veut qu’il y ait des gens pour s’occuper des gens qui sont malades, il ne faut pas qu’eux-mêmes aient des problèmes de santé », a mentionné le député de Chapleau.

À l’APTS, on se réjouissait d’abord que les deux élus aient accepté d’entendre le point de vue des syndiqués. « On représente plus de 100 titres d’emplois différents et nos membres avaient envie qu’on parle d’eux, qu’on ne parle pas que des médecins, que des infirmières, a souligné la répondante politique du syndicat en Outaouais, Andrée Poirier. Ils avaient envie que les gens entendent leur réalité. »

Cette réalité se compose présentement d’une « surcharge de travail », d’un « épuisement » et même de « gens qui se sentent coupables de partir en congé de maladie », soutient la présidente régionale de l’APTS, Gille Delaunais.

Suivi à faire
Tant du côté des deux députés que du côté syndical, on affirme vouloir faire le suivi de ce dossier une fois la deuxième rencontre terminée.

L’APTS prévoit rédiger un résumé des discussions et proposer des solutions aux décideurs. « On a demandé d’avoir une préoccupation plus importante pour l’humain que pour le budget, parce qu’actuellement, on prend soin du budget et non pas des humains qui offrent des services aux humains, a déploré Mme Poirier. […] Actuellement, prendre soin des gens rend malade. »

La députée de Hull et le député de Chapleau reconnaissent pour leur part que « tout n’est pas parfait dans le réseau de la santé », et qu’« il reste des choses à faire pour les travailleurs ».

Mme Gaudreault a également laissé entendre qu’« il y aura certainement des annonces prochainement par rapport à la réalité » frontalière de l’Outaouais en matière de soins de santé.