Causée par une tique, la maladie de Lyme fait de plus en plus de ravages au Québec.

Pour des médecins mieux formés sur la maladie de Lyme

Les médecins québécois devraient être mieux formés pour traiter la maladie de Lyme, recommande un rapport adopté par tous les partis politiques.

Après de longs pourparlers, la commission de la Santé et des Services sociaux a accouché mercredi d’un rapport unanime sur la maladie de Lyme. Cette maladie causée par une tique fait de plus en plus de ravages au Québec.

Les parlementaires ont formulé trois recommandations. Ils demandent au ministère de la Santé de mettre sur pied, d’ici l’été prochain, une grande campagne de sensibilisation pour prévenir la propagation de la maladie. Ils souhaitent également que le ministère «bonifie, dans les meilleurs délais, le programme de formation des professionnels de la santé sur les formes de la maladie de Lyme, son diagnostic et son traitement». Enfin, ils veulent être informés des actions du ministère dans ce dossier, «incluant les nouvelles modalités de traitement de la forme chronique de la maladie». 

«On a un rapport qui va plus loin que ce qu’on aurait pu espérer au départ et on en est très satisfaits», commente le député du Parti québécois Sylvain Pagé. Selon lui, les experts qui sont venus à l’Assemblée nationale ont réussi à sensibiliser les élus au fait que cette maladie est complexe et méconnue. 

M. Pagé salue le «beau travail d’équipe» de ses collègues dans ce dossier. «On est convaincus avec ce qu’on a entendu que la forme chronique de la maladie, ça existe. Et on ne peut plus fermer les yeux sur le fait que des nouveaux traitements se donnent ailleurs dans le monde», estime M. Pagé.

Grandes souffrances

Le rapport reconnaît que les patients atteints souffrent beaucoup, qu’ils errent de médecin en médecin, et que cette errance coûte cher au système de santé. 

Pour le député de Québec solidaire Amir Khadir, qui a contribué à la commission parlementaire à titre de médecin spécialisé en microbiologie-infectiologie, les recommandations sont «un minimum» à atteindre. 

Selon lui, le directeur national de santé publique Horacio Arruda, qui a assisté aux échanges, devrait aller de l’avant. «On a senti chez lui un engagement moral.»

M. Khadir soutient que la France va bientôt publier un nouveau protocole national pour soigner la maladie de Lyme. Il espère que le Québec emboîtera le pas et permettra aux gens atteints d’enfin pouvoir se faire traiter à la maison, au lieu de devoir s’exiler aux États-Unis ou dans d’autres pays.