Danielle McCann, ministre québécoise de la Santé

Pontiac et Maniwaki: des bris de service plus rares après une entente entre Québec et la FMSQ

Très fréquents depuis la fin de l’été, les bris de service en chirurgie générale ou en obstétrique à l’Hôpital du Pontiac devraient se faire plus rares à la suite d’une entente intervenue entre Québec et la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ).

Les plans dans ces deux spécialités, qui seront en vigueur dès dimanche, prévoient la création de « groupes concertés de médecins spécialistes remplaçants » et permettront d’assurer « une prestation continue des soins et de limiter les ruptures de services, à l’instar du plan en anesthésie déjà en vigueur depuis plus d’un an », précise le gouvernement.

Selon la ministre de la Santé, Danielle McCann, le nouvel accord, qui vise une trentaine d’hôpitaux situés dans des régions à risque, par exemple à Shawville et Maniwaki en Outaouais ; et à La Sarre, en Abitibi, s’avère une excellente nouvelle.

« Je pense que ça va répondre aux besoins. Grâce à cette entente, il y aura des équipes prévues pour prêter main-forte quand de tels bris vont se présenter, que ce soit pour des chirurgies ou des césariennes, par exemple. Ça va beaucoup aider, il y a des hôpitaux qui ont eu des difficultés dans un passé récent et ça va rassurer tout le monde, en plus d’assurer la sécurité des soins et des femmes », note-t-elle.

Des médecins de la région ou d’ailleurs en province pourront donc prendre la relève, en cas de besoin, de leurs collègues absents. Ces mesures, déployées de façon graduelle, seront financées à même l’enveloppe globale dédiée à la rémunération des médecins spécialistes et n’engendrent donc aucune nouvelle dépense.

Toutefois, comme les médecins ont déjà des engagements à court terme, le ministère de la Santé et des Services sociaux soutient qu’il n’est pas impossible que de nouveaux bris de service surviennent dans les semaines à venir.

Québec précise que les chirurgiens offriront des soins de chirurgie générale dans leur communauté et pourront, s’ils ont la formation nécessaire, procéder à des césariennes dans les établissements en région éloignée, comme dans le Pontiac. Des mécanismes de soutien d’urgence seront aussi mis en branle, « par l’entremise d’équipes volantes en chirurgie et en obstétrique », précise-t-on.

La ministre croit que ce renfort du côté médical « aidera au niveau psychologique » les infirmières en obstétrique qui œuvrent à l’Hôpital du Pontiac. Seules quatre d’entre elles sont en poste, alors que le département devrait en compter 12.

« Il y en a deux nouvelles qui arriveront en janvier, après les Fêtes. En attendant, je sais que les infirmières travaillent très fort, l’établissement aussi et il y a un gestionnaire qui est sur place. On voit à ce que les infirmières soient bien soutenues. Je sais que c’est un dossier très prioritaire pour Mme Filion (la PDG du CISSSO) ».

En l’espace de trois mois, huit interruptions de service en obstétrique ont été décrétées par le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) à l’Hôpital du Pontiac. Dans de tels cas, les femmes enceintes en travail sont redirigées, après avoir préalablement été évaluées à l’Hôpital du Pontiac, vers l’Hôpital de Gatineau, 90 kilomètres plus loin.

Il était temps, dit Fortin

Le député de Pontiac et porte-parole de l’opposition en matière de santé et services sociaux, André Fortin, est satisfait qu’une solution ait été trouvée, mais blâme le gouvernement pour la lenteur du processus.

« Il était temps que l’entente soit signée, on l’exigeait depuis le mois de janvier à l’Assemblée nationale. En mars, elle (Mme McCann) nous avait promis que l’entente serait signée dans les prochains jours. Ça aura donc pris plus de 250 jours pour respecter cet engagement et depuis ce temps, il y a eu des bris de service partout. Des femmes ont dû accoucher dans leur voiture sur le bord de l’autoroute, des ambulances se sont dirigées vers le mauvais hôpital en raison de la confusion, etc. Même la FMSQ était elle-même sortie pour dire que le dossier dormait sur le bureau de la ministre », déplore-t-il.

L’élu rappelle que si cette entente doit permettre de prévenir « certains bris de service », l’enjeu du manque d’infirmières pèse lourd dans la balance à l’hôpital sis à Shawville.

« Les gens en ont ras le bol de ces bris-là. Les solutions temporaires, clairement ça ne fonctionne pas. Là, on fait un bout de chemin, mais il reste un gros morceau auquel la ministre doit s’attaquer », lance M. Fortin.

Le directeur des services professionnels et de la pertinence clinique au CISSSO, Dr Nicolas Gillot, a dit souhaiter d’abord prendre connaissance de l’entente. « Nous sommes confiants que cette entente aidera l’équipe en place et à soutenir notamment l’équipe d’obstétrique à Shawville. Nous poursuivons nos efforts de recrutement », a-t-il dit.