Luc Mathieu, président de l’OIIQ de passage dans la région, affirme que l’Outaouais devrait obtenir plus de super-infirmières.

Plus de super-infirmières pour l’Outaouais

L’Outaouais gagnerait à compter davantage d’infirmières praticiennes spécialisées (IPS) pour améliorer l’accès aux soins, estime le président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), Luc Mathieu.

Élu à la présidence de l’OIIQ l’automne dernier, M. Mathieu s’est arrêté en Outaouais, mardi, dans le cadre d’une tournée provinciale.

Les statistiques régionales sur les effectifs infirmiers sont peu reluisantes depuis plusieurs années déjà. À l’heure actuelle, l’Outaouais compte 5,8 infirmières par tranche de 1000 habitants, alors que la moyenne provinciale est de 8,5 infirmières par 1000 habitants.

Même si la pénurie continue de se faire sentir, le nombre d’infirmières œuvrant en Outaouais a connu une croissance de 2,8 % depuis 2014-2015.

« Le nombre d’infirmières qui travaillent à temps complet est plus élevé ici, a aussi souligné M. Mathieu, en entrevue avec Le Droit. Il est à 65 %, comparativement à 60 % pour le reste du Québec. »

Avec des effectifs réduits, le réseau « est sous tension », déplore M. Mathieu, qui se préoccupe notamment des heures supplémentaires obligatoires.

« Ça devrait être une mesure d’exception, ça ne devrait pas être un outil de planification des effectifs », plaide-t-il.

À l’heure actuelle, l’OIIQ compte 2270 membres dans la région. Du lot, seules 20 sont des IPS, souvent appelées « super-infirmières ». Au Québec, il y en a 546.

Il a récemment été annoncé que des démarches sont en cours pour que l’encadrement des activités médicales des IPS soit encadré par l’OIIQ, mais aussi pour accroître le nombre de maladies qui pourront être diagnostiquées par ces super-infirmières.

« Pour la population, il y a un double avantage, expose M. Mathieu. Ça évite de prendre un rendez-vous avec un médecin, et d’autre part, vu que le médecin n’a pas à revoir le patient, ça lui libère une plage horaire pour un autre patient. »

Dans une région comme l’Outaouais où l’accès aux soins de première ligne n’est pas toujours évident, un nombre accru d’IPS représenterait donc « un gain important pour la population », croit le président de l’OIIQ.

« Il y a des IPS qui sont diplômées depuis quelques années qui ont de 700 à 850 patients qu’elles voient à peu près toutes seules », a-t-il fait valoir.

En parallèle, l’OIIQ poursuit ses revendications pour que le baccalauréat devienne obligatoire pour accéder à la profession d’infirmière, comme c’est le cas ailleurs au pays.