La ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire Marie-Claude Bibeau a annoncé un investissement de 31 M$ visant à former 24 nouvelles équipes de chiens renifleurs dans les aéroports afin de détecter la viande importée illégalement au pays susceptible d’être infectée de la peste porcine africaine.

Peste porcine africaine : Ottawa lance un programme de 31 M$

Le gouvernement fédéral redoute l’arrivée de la peste porcine africaine (PPA) au Canada. Ottawa investira 31 M$ pour former 24 nouvelles équipes de chiens renifleurs au cours des cinq prochaines années dans les aéroports du pays afin d’empêcher que de la viande illégale infectée franchisse les frontières.

L’annonce a été faite par la ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire Marie-Claude Bibeau, jeudi, au Centre de recherche et de développement de Sherbrooke.

Ottawa se plie donc à la demande des éleveurs de porcs du Canada qui réclamaient depuis quelque temps du gouvernement de tripler le nombre de chiens renifleurs aux douanes. Avec le nouvel investissement, le nombre d’équipes de chiens détecteurs sera de 39 au Canada.

L’arrivée du virus au Canada serait « dévastatrice » pour les éleveurs de porcs, informe d’entrée de jeu la ministre.

La PPA est une maladie virale grave du porc qui peut provoquer de la fièvre, des hémorragies internes et des taux de mortalité élevés. Elle est très contagieuse et peut se propager rapidement par contact direct ou indirect avec des porcs ou des produits porcins. Il n’existe ni traitement ni vaccin pour traiter cette maladie.

« En détectant la viande, ces chiens renifleurs aideront grandement les agents des services frontaliers à faire leur travail. La viande et les produits importés illégalement provenant de pays touchés par la peste porcine africaine présentent l’un des plus grands risques d’introduction de cette maladie au Canada. Les chiens détecteurs constituent donc la meilleure façon mise à notre disposition pour intercepter les produits de viande et protéger les porcs canadiens par le fait même », explique la ministre Bibeau, en point de presse.

Fait important à noter, la PPA ne touche que les membres de la famille porcine et elle n’est pas considérée comme un risque pour la salubrité des aliments.

Depuis 2007, la maladie s’est propagée dans plusieurs pays d’Asie centrale, puis en Europe et en Chine depuis août 2018. En janvier, le gouvernement chinois a d’ailleurs annoncé l’abattage de 900 000 porcs malades.

Conséquences énormes pour l’industrie

L’arrivée de ce virus à déclaration obligatoire aurait des conséquences énormes sur l’industrie du porc. Les producteurs ne pourraient plus exporter leur viande pendant des mois. Selon le ministère de l’Agriculture, l’industrie porcine canadienne contribue pour 24 milliards de dollars à l’économie du pays et représente 4,5 milliards de dollars en exportations.

Présent lors du point de presse, le deuxième vice-président du Conseil canadien du porc René Roy accueillait la nouvelle avec le sourire.

« Nous sommes satisfaits puisque cette annonce survient plus vite que ce que nous pensions. C’est une très bonne nouvelle pour l’industrie. Le gouvernement est proactif dans ce dossier », commente M. Roy, en précisant qu’il reste plusieurs mesures à mettre en place pour protéger le marché canadien.

Plus de 8000 fermes et 100 000 travailleurs, surtout au Québec, en Ontario et au Manitoba, pourraient être touchés si la PPA arrivait au Canada.

En Estrie seulement, on compte 130 fermes porcines.

« Comme il n’y a ni vaccin ni traitement, nous avons dû adopter une approche préventive et collaborative. L’Agence canadienne d’inspection des aliments travaille en collaboration avec des partenaires clés afin de sensibiliser les gens, élaborer la meilleure défense possible et façonner notre réponse collective au cas où la peste porcine africaine entrerait dans le pays », souligne la députée de Compton-Stanstead.

La ministre de l’Agriculture a également annoncé qu’Ottawa sera l’hôte du premier forum international portant sur la PPA à la fin du mois d’avril.

« Ce forum sera l’occasion de renforcer la coopération internationale pour enrayer la propagation de la peste porcine africaine », explique-t-elle.

La tenue de cet événement se fera entre autres en collaboration avec les États-Unis, le Mexique, l’Union européenne et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et les représentants de l’industrie.