Le bloc opératoire de l’hôpital de Gatinois doit aussi réduire ses activités.

Pénurie persistante au bloc opératoire

Ce n’est pas demain la veille que le bloc opératoire de l’Hôpital de Hull, victime d’une « pénurie extrême » de personnel infirmier, pourra recommencer à rouler au maximum de sa capacité. Touché dans une moindre mesure, le bloc opératoire de l’Hôpital de Gatineau s’apprête aussi à réduire ses activités. Une situation qui devrait mener sous peu à des ententes pour que certaines chirurgies puissent se faire à l’extérieur d’un milieu hospitalier, dans des centres médicaux spécialisés.

Le 21 septembre dernier, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) annonçait qu’il devait fermer des lignes opératoires à Hull au moins jusqu’au 6 octobre, en précisant qu’un plan de match allait être établi pour la suite.

Le directeur des services professionnels du CISSSO, le Dr Guy Morissette, a indiqué que cette situation devrait maintenant perdurer « plusieurs mois ». Pour les cas prioritaires, il reste ainsi deux lignes opératoires sur cinq. Une ligne réservée pour les urgences demeure aussi ouverte 24 heures sur 24, sept jours sur sept.

Parallèlement à cette perturbation des activités à Hull, le CISSSO se voit maintenant dans l’obligation d’appliquer des mesures semblables à l’Hôpital de Gatineau. Les conséquences y seront toutefois moindres. « À Gatineau, on fonctionne avec 6,5 lignes opératoires, et à partir de la semaine prochaine ou de l’autre, on va fermer une demi-ligne », a fait savoir le Dr Morissette. Encore là, c’est un manque d’infirmières qui est en cause.

L’une des options sur la table pour atténuer les conséquences de ces fermetures de lignes opératoires réside dans la conclusion possible d’ententes avec les deux centres médicaux spécialisés (CMS) de Gatineau. Ces CMS, qui offrent surtout des services de chirurgie plastique, possèdent des salles d’opération et sont reconnus par le ministère de la Santé.

Selon le Dr Morissette, le CISSSO pourrait avoir accès à du temps opératoire dans ces CMS afin d’y réaliser « des chirurgies qui ne demandent pas un plateau technique, comme des cataractes ou des hernies ». « Cela nous dégagerait de l’espace pour faire des chirurgies qu’on ne peut faire qu’à l’hôpital, ajoute-t-il. […] L’apport que ces deux centres-là peuvent avoir pour la résolution de notre problème, ce sera significatif. »

Si tout va bien, le CISSSO pourrait commencer à utiliser les espaces d’un CMS d’ici la fin octobre, estime le Dr Morissette.

Des démarches se poursuivent aussi afin d’accroître le nombre de chirurgies dans les hôpitaux périphériques de Papineau et de Shawville, et même un peu à Maniwaki. 

Pour certaines interventions, il faut toutefois fournir de l’équipement approprié aux blocs opératoires concernés, et parfois offrir une formation spécialisée au personnel.

« Pour le moment, on veut répondre aux besoins immédiats, soutient le Dr Morissette. On avait déjà enclenché une réflexion plus large, pour 2021-2016, mais on a suspendu cette réflexion-là parce qu’on juge que la situation actuelle est très urgente, donc on veut stabiliser notre offre pour les prochaines semaines et les prochains mois. Ce faisant, ça nous pousse à réfléchir, à précipiter une partie du travail qu’on voulait faire pour la planification des dix prochaines années. »

Pendant ce temps, le personnel infirmier qui reste en poste au bloc opératoire de l’Hôpital de Hull retrouve tranquillement son souffle, a indiqué le Dr Morissette. « En fermant des lignes, on a diminué la pression sur le temps supplémentaire obligatoire, explique-t-il. En garantissant aux infirmières qu’on travaillait avec moins de lignes et qu’il n’y aurait plus de temps supplémentaire obligatoire, les gens ont augmenté un peu leurs disponibilités. […] Le climat de travail est beaucoup mieux actuellement, parce que les infirmières savent qu’il y a une fin à leur journée. Il y a quand même du temps supplémentaire, mais c’est fait sur une base volontaire. »