Diane Lamarre a déploré la situation qui augmentera l'attente de « dizaines » de patients de l'Outaouais devant passer sous le bistouri.

« Pénurie extrême » d'infirmières : un problème « assez criant », dit le PQ

La « pénurie extrême » d'infirmières qui force la fermeture de lignes opératoires pour au moins deux semaines à l'Hôpital de Hull se veut le reflet d'« un problème d'organisation assez criant », estime la porte-parole du Parti québécois (PQ) en matière de santé, Diane Lamarre.
En entrevue avec Le Droit au lendemain de l'annonce de la fermeture de trois lignes opératoires de l'Hôpital de Hull pour les deux prochaines semaines, Mme Lamarre a déploré cette situation qui augmentera l'attente de « dizaines » de patients de l'Outaouais devant passer sous le bistouri. « C'est un problème d'organisation assez criant de voir qu'on n'est pas capable de planifier le fonctionnement d'un élément aussi fondamental, aussi essentiel dans un hôpital qu'un bloc opératoire parce qu'on manque d'effectifs », a réagi la députée de Taillon.
Elle affirme qu'avec une « saine gestion », de telles situations ne devraient pas se produire. « Que ce soit des congés de maladie, des congés de maternité ou d'autres, tous les employeurs du Québec vont vous dire que ça leur arrive à eux aussi, et on ne ferme pas les services parce qu'il y a des gens partis en congé de maladie ou de maternité », a-t-elle illustré.
Mme Lamarre n'a pas manqué d'écorcher au passage le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, en affirmant que « ça fait partie de la mission du ministre de s'assurer d'une bonne répartition des effectifs ».
Sécurité et soins
La solution, pour le PQ, « passe par une meilleure planification, une meilleure coordination et une meilleure synchronisation des soins ».
« [Le ministre] dit qu'il n'y a pas de coupes dans les services, mais il y en a, et il y a des enjeux de sécurité à travers ces coupes-là, soutient Mme Lamarre. C'est évident qu'il faut assurer la sécurité des patients, [...], mais il faut aussi s'assurer qu'ils aient des soins. »
Selon le plan de match actuel du CISSSO, trois lignes opératoires sur cinq seront fermées à l'Hôpital de Hull jusqu'au 6 octobre. Cela exclut la ligne réservée aux urgences, qui continuera d'être disponible en tout temps. Le CISSSO devrait faire connaître en début de semaine ses intentions à plus long terme, puisqu'une importante réunion se tenait vendredi en fin de journée avec les chefs des départements concernés. Le directeur des services professionnels du CISSSO, le Dr Guy Morissette, avait indiqué que les autres blocs opératoires de la région devraient être mis à contribution.
La TROCAO déçue
« Trop peu, trop tard. » Voilà comment la Table de régionale des organismes communautaires autonomes de l'Outaouais (TROCAO) a accueilli l'attribution des quelque 413 000 $ qui ont été consentis à l'Outaouais en investissements supplémentaires dans le cadre du programme de soutien du gouvernement québécois.
Cette aide financière additionnelle, dont la répartition à divers organismes a été annoncée jeudi soir par le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO), représente « de la poudre aux yeux » selon la TROCAO.
« L'annonce de nouvelles sommes disponibles avait créé une lueur d'espoir, mais les groupes ont vite été confrontés à la réalité ; les investissements ne sont pas suffisants pour répondre aux besoins, a réagi la TROCAO par voie de communiqué. [...] En fait, cette somme ne constitue pas un rehaussement pour l'ensemble du communautaire, mais pour quelques organismes seulement. En région, concrètement, ça met les organismes en compétition pour ne recevoir une petite part de pas grand-chose ».