Josée McMillan, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CISSSO

Pénurie de main-d'oeuvre au CISSSO: les travailleurs se sentent «comme des robots»

Des dizaines de travailleuses et travailleurs du Centre intégré de santé et des services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) se sont rassemblés vendredi afin de lancer un message à leur employeur pour qu’il agisse face à la pénurie de personnel qui fait rage dans le milieu de la santé dans la région.

Le syndicat CSN du CISSSO déplore que l’employeur traite les travailleurs « comme des robots » en raison « de la pénurie, de l’absentéisme et de la santé organisationnelle déficiente » que l’on retrouve dans le système de la santé en Outaouais.

« On veut que le CISSS de l’Outaouais arrête de prendre les travailleuses et les travailleurs comme des robots. On travaille continuellement avec du personnel en moins et on demande à nos membres d’en faire plus », déplore la présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CISSSO, Josée McMillan.

Depuis le mois d’août, 155 nouvelles embauches ont été réalisées par les employeurs du CISSSO. Le problème c’est que, durant la même période, 176 travailleurs ont quitté le navire. Les travailleurs s’inquiètent aussi du fait que le CISSSO a aboli des postes à temps complet pour les transformer en poste à temps partiel. Le manque de personnel continue de s’accroître, ce qui ajoute de la pression sur les travailleurs déjà épuisés.

« Les gens sont vraiment tannés de travailler dans des conditions de travail pénibles. Il y a constamment des surcharges de travail et on doit faire tout le travail exigé par les gestionnaires. Nos membres s’épuisent au bout d’une journée. Ça fait des mois qu’on tient le réseau à bout de bras », enchaîne-t-elle.

« Le problème, il est simple : c’est que le réseau n’arrive plus à attirer et retenir du personnel avec les salaires insuffisants et les mauvaises conditions de travail. C’est à ça qu’il faut s’attaquer », explique pour sa part le président de la FSSS-CSN Jeff Begley.

Aide gouvernementale

Par ailleurs, les travailleurs du CISSSO sont en attente d’actions concrètes de la part du gouvernement québécois qui viendront mettre un frein à la crise qui sévit en Outaouais.

« On a pas eu de pourparlers avec la ministre McCann dernièrement. La dernière fois qu’on lui a parlé, elle nous a dit qu’elle instaurerait des bourses pour les nouveaux préposés aux bénéficiaires, mais à ce jour ça ne fonctionne pas. On n’a pas plus de préposés qui se sont inscrits pour faire la formation. »

« Quand vient le temps d’aider le personnel épuisé qui soigne la population, on commence à connaître la chanson des gouvernements, il n’y a jamais d’argent. Ça ne peut pas durer comme ça », souligne pour sa part le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

Le syndicat des travailleuses et travailleurs du CISSSO indique qu’il poursuivra ses pressions sur le gouvernement jusqu’à ce que ce dernier corrige le tir.

« Il faut qu’on aille de l’aide. Si on continue à dénoncer, ils n’auront pas le choix. Je pense que M. Legault doit s’activer rapidement pour régler la situation du manque de personnel », conclu Mme McMillan.