Selon le CISSSO, la pandémie a ralenti les démarches de recrutement spécifiquement pour l'obstétrique à Shawville.
Selon le CISSSO, la pandémie a ralenti les démarches de recrutement spécifiquement pour l'obstétrique à Shawville.

Pas encore de réouverture du service d'obstétrique dans le Pontiac

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Six mois n'auront pas suffi au Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) pour trouver les ressources nécessaires à la réouverture du service d'obstétrique à l'Hôpital du Pontiac. Alors que les deux tiers des femmes de cette région ayant accouché depuis février dernier ont choisi de se tourner vers l'Ontario, le réseau de la santé se prépare pour que des accouchements puissent être faits à Shawville en présence de sages-femmes.

La présidente-directrice générale du CISSSO, Josée Filion, a fait savoir que «malgré» tous les efforts faits dans ce dossier, il est finalement «impossible d'offrir le service d'obstétrique en toute sécurité» dès septembre, comme cela était initialement envisagé. La pandémie n'a pas aidé, ayant «ralenti» les démarches de recrutement spécifiquement pour l'obstétrique à Shawville.

Les femmes enceintes du Pontiac pourront continuer d'obtenir leur suivi de grossesse dans leur communauté, auprès d'une sage-femme ou d'un médecin. Le CISSSO compte aussi faire en sorte que des accouchements puissent se faire à l'Hôpital du Pontiac avec des sages-femmes, ce qu'il qualifie d'«approche novatrice» pour minimiser les conséquences de la fermeture du service d'obstétrique. Un chargé de projet sera d'ailleurs embauché afin de coordonner ces démarches,

La reprise complète des activités en obstétrique dans le Pontiac pourrait quant à elle se faire dans «un horizon de quelques mois», a fait savoir la directrice des programmes jeunesse du CISSSO, Martine Bilodeau.

L'Hôpital du Pontiac

Josée Filion a de son côté indiqué que depuis la fermeture du service d'obstétrique de Shawville en février dernier, à peine le tiers des accouchements de résidentes du Pontiac ont eu lieu en Outaouais. Les autres se sont tournées vers l'Ontario.

Recrutement

La réouverture du service d'obstétrique à Shawville ne pourra se faire que lorsqu'une « solution durable» sera trouvée, a souligné Mme Filion. Dans un monde idéal, il faudrait 12 infirmières formées en obstétrique dans le Pontiac. À l'heure actuelle, il n'y en a que quatre. À huit, le service pourrait reprendre, mais demeurerait «fragile».

Les espoirs du CISSSO reposent entre autres sur des candidates à la profession d'infirmière qui ont été embauchées pour travailler dans le Pontiac. L'organisation ignore toutefois combien d'entre elles choisiront de travailler en obstétrique. Il faudra aussi les former, ce qui prend environ un mois de manière «intensive».

Le directeur des services professionnels du CISSSO, le Dr Nicolas Gillot, a pour sa part indiqué qu'il y a suffisamment de médecins pour que le service puisse fonctionner, mais qu'il faut attendre qu'il y ait assez d'infirmières.

Rémunération

La préfète du Pontiac, Jane Toller, réclame pour sa part la mise en place d'un projet pilote par le gouvernement du Québec pour permettre d'augmenter la rémunération des infirmières, afin d'en attirer dans le Pontiac. «C'est une nécessité, pour les mères, d'être capables d'avoir leur bébé ici dans le Pontiac», a-t-elle mentionné.

Alors que la Coalition avenir Québec (CAQ) a promis de rehausser la rémunération des infirmières de l'Outaouais afin de freiner les départs vers l'Ontario, Mme Toller estime que le Pontiac n'a plus le temps d'attendre et qu'il importe que le gouvernement agisse «maintenant».


« L'option des sages-femmes est intéressante, mais ce ne sera pas pour tout le monde et pour toutes les circonstances. »
André Fortin

Au bureau du ministre responsable de la région, Mathieu Lacombe, on indique vouloir attendre une «demande officielle» en ce sens avant de se prononcer.

Le député libéral de Pontiac, André Fortin, «encourage le CISSSO à accélérer les efforts pour faire les embauches nécessaires». «L'option des sages-femmes est intéressante, mais ce ne sera pas pour tout le monde et pour toutes les circonstances», souligne-t-il.

Il presse lui aussi la CAQ d'agir afin que les hôpitaux de l'Ontario deviennent moins attrayants pour les infirmières de la région. «Tant et aussi longtemps que le gouvernement du Québec ne réglera pas la disparité des salaires entre le Québec et l'Ontario, l'unité d'obstétrique de l'Hôpital du Pontiac va continuer d'être vulnérable», estime M. Fortin. Ce que je demande au gouvernement, c'est de remplir son engagement le plus rapidement possible.»