Les trois syndicats du  CISSSO accusent la partie patronale de se servir de la pandémie pour répondre à la pénurie de personnel en amputant leurs vacances estivales.
Les trois syndicats du  CISSSO accusent la partie patronale de se servir de la pandémie pour répondre à la pénurie de personnel en amputant leurs vacances estivales.

«On veut nos vacances», réclament les syndiqués du CISSSO [PHOTOS]

Les trois syndicats du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) accusent la partie patronale de se servir de la pandémie pour répondre à la pénurie de personnel en amputant leurs vacances estivales.

Plusieurs dizaines de syndiqués étaient réunis jeudi midi sur la rue Bellehumeur à Gatineau pour manifester devant des bureaux du CISSSO et crier haut et fort qu'ils jugent «inacceptable» la proposition de l'employeur au sujet des vacances de l'été 2020.

Le Syndicat des professionnelles en soins de l'Outaouais (SPSO-FIQ), le Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé et de services sociaux de l'Outaouais (STTSSSO-CSN) et l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et de services sociaux (APTS) de l'Outaouais ont uni leurs voix dans le cadre de cette manifestation afin de réclamer les vacances auxquelles chaque employé a droit en vertu des conventions collectives.

Les syndicats affirment que la proposition du CISSSO prévoit que les employés pour qui deux semaines de vacances étaient déjà prévues les obtiendront. Toujours selon les syndicats, le CISSSO est prêt à consentir à une troisième semaine de vacances pour seulement la moitié des employés. Cette possibilité serait toutefois liée à diverses conditions comme l'annulation de congés sans solde et le rehaussement obligatoire à temps plein des employés à temps partiel.

Des travailleurs de la santé ont manifestés devant les bureaux du CISSSO à Gatineau.

Entourés de leurs membres qui scandaient «on veut nos vacances», les représentants des trois syndicats n'ont pas hésité à dénoncer l'attitude de la partie patronale.

Le président du SPSO, Patrick Guay, a affirmé que les restrictions par rapport au nombre de semaines de vacances n'ont «aucun rapport avec la pandémie» et que le CISSSO se sert du contexte actuel pour répondre au problème de pénurie de main-d'oeuvre qui sévit depuis des années dans le réseau de la santé de la région.

«Le CISSSO a choisi de se servir de la pandémie comme d'une opportunité pour nous mettre nos conditions de travail durement gagnées à travers les années aux poubelles», s'insurge M. Guay.

La présidente de l'exécutif local de l'ATPS, Guylaine Laroche, abonde dans le même sens et soutient que le CISSSO agit comme si la région était aussi durement touchée que Montréal et Laval.

«On nous demande d'envoyer des gens à Montréal pour couper nos vacances, on nous dit qu'on ne peut pas avoir plus que deux semaines de vacances, alors que dans d'autres régions, il y a des établissements qui se sont déjà prononcés pour des trois semaines consécutives de vacances, a mentionné Mme Laroche. On a besoin de recharger nos batteries, on travaille fort, on fait de longues heures et c'est un stress supplémentaire. Nos membres ont besoin de passer du temps de qualité en famille pour recharger leurs batteries en cas d'une deuxième vague à l'automne.»


« Le CISSSO a choisi de se servir de la pandémie comme d'une opportunité pour nous mettre nos conditions de travail durement gagnées à travers les années aux poubelles. »
Patrick Guay

La présidente du STSSSO, Josée McMillan, a de son côté rappelé que le CISSSO a toujours réussi à accorder les vacances à ses employés au cours des dernières années, malgré la pénurie de personnel. «On se cache derrière un arrêté ministériel», a-t-elle dénoncé en soulignant que les syndiqués continueront de faire entendre leur mécontentement.

Le CISSSO n'a pas voulu commenter ces critiques, se contentant d'indiquer que des «échanges» sont encore en cours avec les syndicats et qu'aucune décision finale n'a encore été prise.