Le grand patron du CISSSO, Jean Hébert, a souligné ne pas être en mesure de « garantir » que des cas similaires de décès évitables ne surviendront plus.

« On a failli à la tâche », dit le CISSSO

« La mission du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), c’est de maintenir, améliorer et restaurer la santé et le bien-être de notre population. Force est de constater aujourd’hui qu’on a failli à la tâche. »

Tel qu’il l’avait fait la veille en entrevue avec Le Droit, le président-directeur général du CISSSO, Jean Hébert, a fait un mea culpa au nom de son organisation, vendredi, dans le cadre d’une conférence de presse en réaction au rapport de la coroner Pascale Boulay sur la mort « évitable » de Marc-André Maxwell, survenue en décembre 2015 à l’Hôpital de Gatineau.

Ayant obtenu la confirmation que le CISSSO devrait être poursuivi dans ce dossier, M. Hébert a précisé d’entrée de jeu que cette conférence serait la « seule sortie » médiatique de l’organisation sur le sujet.

Tout en réitérant ses pensées pour la famille Maxwell, M. Hébert a noté qu’un plan d’action est en place afin de répondre aux recommandations de la coroner, mais aussi à celles formulées par le commissaire aux plaintes et le médecin examinateur du CISSSO dans ce dossier.

Le grand patron du réseau de la santé de l’Outaouais a toutefois souligné ne pas être en mesure de « garantir » que des cas similaires de décès évitables ne surviendront plus. « Mon engagement, c’est qu’on va faire [...] en sorte que ça ne se reproduise pas », a mentionné M. Hébert.

Le CISSSO a par ailleurs voulu « aller au-delà des recommandations », et a entrepris à cette fin des démarches pour obtenir « un regard externe, une nouvelle perspective » afin de s’assurer que « les meilleures pratiques » soient appliquées.

Le directeur des services professionnels du CISSSO, le Dr Guy Morissette, a mentionné que cette démarche permettra notamment de se pencher sur le travail « en collaboration interprofessionnelle ».

Le coordonnateur de l’organisme Action Santé Outaouais, Jean-Charles Pichereau, s’est pour sa part dit « très inquiet ». 

« Des cas comme [celui de M. Maxwell], ça nous fait réagir, ça nous indigne, a-t-il commenté. [...] Des situations comme ça, on ne veut pas que ça se reproduise. Si on va à l’hôpital, c’est pour être soigné, ce n’est pas pour y mourir. »

POURSUITE IMMINENTE CONTRE LE CISSSO

La poursuite de la famille de Marc-André Maxwell contre le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais, dont le dépôt est prévu vers « la fin de la semaine prochaine », « devrait se situer dans les centaines de milliers de dollars », a fait savoir l’avocat au dossier, Jean-Pierre Ménard.

L’avocat spécialisé en droit médical note que la poursuite se fera sous « un angle différent » que celui apporté par le rapport de la coroner Pascale Boulay sur le décès « évitable » de M. Maxwell. Me Ménard souligne d’ailleurs que le rapport de la coroner et ceux signés par le commissaire aux plaintes et le médecin examinateur ne peuvent pas être utilisés en preuve devant le tribunal.

La poursuite, dans laquelle la famille du défunt réclamera des dommages « moraux et pécuniaires », vise donc à « établir une faute, un dommage et un lien de causalité probable entre la faute et le dommage », indique Me Ménard.