Simon Drolet, directeur général du CIASF.

Nouvelle résidence pour le CIASF

Le Centre d’intervention en abus sexuels pour la famille (CIASF) a inauguré la semaine dernière sa nouvelle maison à Gatineau dans laquelle a été aménagée une salle pour les entrevues policières.

Dans les prochains mois, ces entrevues se dérouleront à la maison du CIASF au lieu du poste de police.

« C’est majeur pour nous parce que ça nous permet d’accueillir des enfants victimes d’abus sexuels dans un contexte plus humain, plus accueillant, a expliqué Simon Drolet, directeur général du CIASF. Une fois l’entrevue vidéo terminée, on recevra l’enfant en thérapie dans les minutes qui suivent ».

Le CIASF compte trente ans d’existence. L’organisation accueillait dans d’autres locaux les jeunes victimes et les adultes qui commettaient des gestes d’abus sexuels envers les enfants. L’ouverture d’une maison dédiée et adaptée à l’accueil, au traitement et à l’intervention auprès des enfants victimes d’abus sexuels était donc une nécessité en Outaouais, a précisé le CIASF.

La maison située sur le boulevard St-Raymond dans le secteur Hull compte plusieurs salles de thérapie pour permettre aux professionnels, soit des psychologues, des travailleurs sociaux, des criminologues, des psychoéducateurs, des psychothérapeutes et des sexologues, d’intervenir auprès de la clientèle.

« C’est ici qu’on livre nos programmes thérapeutiques. Ces programmes sont conçus chez nous pour aider les enfants à se rétablir à la suite d’un abus sexuel », a expliqué M. Drolet.

Pour Tatou Parisien, travailleuse sociale et psychothérapeute, la maison offre un lieu sécuritaire et chaleureux pour que l’enfant puisse reprendre son fonctionnement après un traumatisme aussi grand qu’un abus sexuel.

« Nous avons misé sur la couleur, sur les jeux, et je pense que ça peut avoir un impact beaucoup plus bénéfique que notre ancien centre qui avait un look plus institutionnel, plus froid », a expliqué Mme Parisien.

La clientèle du CIASF est composée d’enfants allant de 3 ans jusqu’à 17 ans. Le groupe le plus nombreux est dans la tranche d’âge 3 à 5 ans.

Dans son rapport annuel 2016-2017, le CIASF annonçait une hausse du nombre de demandes de services de 29 % comparativement à l’année précédente. Le Centre avait d’ailleurs enregistré une augmentation de 19 % en 2015-2016 sur la période précédente. Cette année, le CIASF prévoit une hausse de 24 % de ses demandes de services.

« Il y a un courant social présentement qui entoure la dénonciation. Il y a beaucoup d’adultes qui dénoncent dans tous les milieux possibles. Les adultes se réveillent. J’ai l’impression qu’on se retourne aussi beaucoup vers les enfants, et qu’on ne tolère plus que nos enfants soient victimes d’abus sexuels autant qu’on a pu le tolérer dans le passé. C’est une méchante bonne nouvelle, et on est à l’époque où les enfants demandent de l’aide. Il y a juste 20 % des cas qui sont dénoncés. Il y a encore beaucoup de place pour l’expansion, la croissance », a raconté M. Drolet.