Le ministre responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe

Nouvel hôpital ou agrandissement: une réponse d'ici la fin 2019 pour l'Outaouais

La population de l’Outaouais devrait savoir d’ici la fin de l’année si la Coalition avenir Québec (CAQ) ira de l’avant avec un projet de nouvel hôpital ou si l’ajout de 170 lits se fera par le biais de l’agrandissement d’un hôpital existant, affirme le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe.

Alors que la CAQ a promis à maintes reprises en campagne électorale de construire un nouvel hôpital dans la région d’ici 2023, le nouveau Plan québécois des infrastructures (PQI) du gouvernement du Québec comprend plutôt la «mise à l’étude» d’un «projet d’une nouvelle offre de services hospitaliers en Outaouais».

En entrevue avec Le Droit, le ministre Mathieu Lacombe se défend de reculer et rappelle que le scénario d’un agrandissement est évoqué depuis plusieurs semaines déjà.

«On se garde une porte ouverte, une certaine flexibilité pour arriver avec le meilleur projet, dit-il. Il n’y a aucune cachette, il n’y a aucun discours contradictoire. On a une préférence pour un nouvel hôpital en tant qu’élus, mais on souhaite aussi bien gérer les fonds publics.»

L’option d’agrandir l’Hôpital de Hull ou celui de Gatineau au lieu de construire un nouveau centre hospitalier n’est donc «pas écartée». Le ministre Lacombe plaide que «l’important, c’est qu’on ait 170 lits de plus pour la région». «Est-ce que ce sera un nouvel hôpital en site propre ou est-ce que ce sera de transformer Hull ou Gatineau en hôpital régional? Pour moi, ça a peu d’importance. L’important, c’est que le citoyen ait le service.»

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) travaille actuellement à l’élaboration d’un plan clinique pour l’horizon de 2036, un document qui doit être livré d’ici la fin juin et qui devra faire état des besoins en matière de services hospitaliers.

Il faudra déterminer «rapidement» si la région comptera sur un nouvel hôpital ou si l’option d’un agrandissement est préférable, soutient M. Lacombe.

La population de la région devrait être fixée sur la question d’ici la fin 2019. «C’est l’intention, affirme le ministre. Si ce n’était pas le cas, c’est parce qu’il pourrait peut-être y avoir des imprévus, mais c’est absolument dans notre intention d’être capable de spécifier ça avant la fin 2019. Je pense que pour respecter l’échéancier, il faudrait qu’on soit capable de faire ça.»

La mise à l’étude du projet de bonification des services hospitaliers en Outaouais dans le PQI est associée à l’octroi de «quelques millions pour les études», a fait savoir le ministre responsable de la région, qui ne peut toutefois pas révéler les montants précis. Une fois la préparation terminée, le gouvernement devra évidemment débloquer des sommes plus considérables pour que le projet se concrétise.

Le même processus devra être suivi pour l’unification du campus gatinois de l’Université du Québec en Outaouais, un projet qui vient aussi d’être mis à l’étude dans le PQI.

Mathieu Lacombe estime par ailleurs que même si le premier budget de la CAQ a laissé plusieurs acteurs régionaux sur leur appétit, il «comporte plusieurs investissements qui vont faire en sorte que [l’Outaouais] pourra tirer [son] épingle du jeu». «Je pense notamment à l’éducation et à la santé, mais aussi à l’économie, dit-il. On a des mesures pour atténuer la pénurie de main-d’oeuvre, je pense que c’est important. Même si ce sont des annonces nationales, ce sont des secteurs où, en Outaouais, on a un grand besoin de réinvestissement.»