Alors que la Coalition avenir Québec (CAQ) a promis que l’Outaouais aurait un nouvel hôpital prêt à accueillir ses premiers patients dès 2023, Le Droit a appris que les dirigeants du réseau régional de la santé se préparent plutôt à mettre en place un plan de «transition» selon lequel l’infrastructure ne sera prête que dans une dizaine d’années.
Alors que la Coalition avenir Québec (CAQ) a promis que l’Outaouais aurait un nouvel hôpital prêt à accueillir ses premiers patients dès 2023, Le Droit a appris que les dirigeants du réseau régional de la santé se préparent plutôt à mettre en place un plan de «transition» selon lequel l’infrastructure ne sera prête que dans une dizaine d’années.

Nouvel hôpital en Outaouais: dans une dizaine d’années seulement?

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Alors que la Coalition avenir Québec (CAQ) a promis que l’Outaouais aurait un nouvel hôpital prêt à accueillir ses premiers patients dès 2023, Le Droit a appris que les dirigeants du réseau régional de la santé se préparent plutôt à mettre en place un plan de «transition» selon lequel l’infrastructure ne sera prête que dans une dizaine d’années.

La présidente-directrice générale adjointe du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), France Dumont, a confié en entrevue avec Le Droit que l’organisation a établi un plan de match pour permettre la réalisation de divers projets qui sont «sur le rond du poêle» depuis un bon moment déjà, comme celui des 32 chambres TARP (travail-accouchement-récupération-postpartum), annoncé en 2014 par le gouvernement péquiste de Pauline Marois.

«On a fait tout le tour de ces projets-là […] et on est en train de tous les orchestrer pour leur donner […] de la place à la réalisation», a indiqué Mme Dumont.

Dans le dossier des chambres TARP, la PDG adjointe du CISSSO estime que «ça n’a pas de bon sens» que le projet ne soit pas encore réalisé.

La présidente-directrice générale adjointe du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais, France Dumont

Tant lors de l’annonce des péquistes que lors de celle faite par les libéraux en 2018, il avait été dit que ce projet devait voir le jour au troisième étage de l’Hôpital de Gatineau, où se trouve déjà l’unité de périnatalité.

Or, dans le plan clinique du CISSSO, qui doit déboucher sur une annonce gouvernementale pour la création de 170 nouveaux lits de courte durée dans la région, «c’est prévu que [le projet des chambres TAPR] soit dans le nouvel hôpital», a fait savoir Mme Dumont.

Or, le CISSSO s’attend à un échéancier beaucoup plus lointain que celui évoqué par la CAQ.

«Comme ça va prendre encore 15 ans – si je dis dix ans, je suis optimiste – avant qu’on ait un nouvel hôpital, il va nous falloir avoir des développements de transition», a lancé France Dumont.

«On n’attendra pas 15 ans pour faire des chambres TARP», a-t-elle ajouté.

Interrogée à savoir pourquoi le CISSSO se prépare de la sorte alors que le gouvernement caquiste a toujours maintenu qu’il remplirait son engagement de livrer un nouvel hôpital prêt à soigner des patients cinq ans après son élection (à l’automne 2018), Mme Dumont précise que l’organisation sera tout de même prête à avancer plus rapidement.

«On sait très bien que 2023, pour un plan de déploiement d’un hôpital alors qu’il n’est pas annoncé, c’est quand même... Il faudrait qu’on soit à une vitesse fast track éclair, dit-elle. On va se fier à notre gouvernement. S’il pense le réaliser en 2023, nous autres on va sauter dans le train et on va embarquer avec eux autres. Alors ce sera l’objectif qu’il nous donnera qu’on réalisera.»

En attendant une annonce de la part du gouvernement sur l’option qui sera choisie entre un nouveau centre hospitalier ou l’agrandissement d’un hôpital actuel, le CISSSO continue de travailler sur «des éléments de transition» qui impliquent notamment «des espaces supplémentaires» pour réaliser «les projets qui sont sur la table depuis longtemps et qui traînent».


« Comme ça va prendre encore 15 ans – si je dis dix ans, je suis optimiste – avant qu’on ait un nouvel hôpital, il va nous falloir avoir des développements de transition »
France Dumont

Rapatriement

Évoqué comme une priorité depuis des années, le rapatriement d’une partie des soins consommés par des résidents de l’Outaouais sur la rive ontarienne fait aussi partie des objectifs du CISSSO pour les prochaines années.

Le réseau régional souhaite notamment accroître ses services dans les spécialités «de base» comme la pédiatrie et l’obstétrique, a indiqué France Dumont. «Quand on parle des spécialités, évidemment, on ne fera jamais de chirurgies cardiaques invasives, a-t-elle élaboré. On ne s’en va pas là. Mais on a d’autres volets de spécialités qu’on pourrait récupérer. Les patients qui sont suivis en néphrologie à Ottawa, avec une coche de plus, on est capable de les garder ici.»

La stratégie de rapatriement fait aussi partie du plan clinique qu’a préparé le CISSSO pour guider ses actions en fonction des besoins régionaux prévus d’ici 2036. «[Pour] ces éléments-là, on n’attendra pas l’aboutissement de l’hôpital», affirme Mme Dumont.

Pour rapatrier une partie des accouchements qui se font sur la rive ontarienne, le CISSSO prévoit par exemple se rabattre sur «une alternative à court terme» aux chambres TARP.

«On n’attendra pas dix ans, assure la PDG adjointe du CISSSO. […] Il est évident qu’on ne pourra pas attendre, pour améliorer la situation de l’obstétrique, que le nouvel hôpital arrive. À moins qu’on puisse le réaliser […] en 2023.»