François Legault, premier ministre québécois

Neurologie: des délais qualifiés d’inacceptables par le premier ministre Legault

« Ce n’est pas acceptable » qu’il y ait des découvertures de garde en Outaouais dans une spécialité comme la neurologie, estime le premier ministre du Québec, François Legault, qui jette le blâme sur le trop grand nombre de dérogations ayant été accordées pour permettre à des médecins de pratiquer à Montréal.

En entrevue avec Le Droit vendredi dans le cadre d’une visite à Gatineau, M. Legault a été invité à réagir aux problématiques d’accès actuellement observées en Outaouais en microbiologie et neurologie.

Tel que révélé récemment dans nos pages, il n’y a plus aucun spécialiste en microbiologie actif au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO). En neurologie, la région a dû composer ce printemps avec des découvertures de garde, au point où en dehors des heures d’ouverture de la clinique Neuro-Outaouais, les médecins de famille étaient invités à contacter le service de neurologie de l’Hôpital Général de Montréal. Six des huit postes de neurologues autorisés au CISSSO sont pourvus, mais seulement deux des six détenteurs pratiquent à temps complet pour l’organisation.

« C’est très préoccupant et ce n’est pas acceptable que des spécialités importantes ne soient pas couvertes, a réagi François Legault. [...] Toutes les régions payent les mêmes taux d’impôts, ce n’est pas normal qu’il n’y ait pas d’accès aux mêmes services ».

Tout en soulignant qu’il peut être normal que certaines spécialités très pointues ne soient offertes que dans les centres universitaires, le premier ministre estime que « les spécialités de base devraient être dans tous les hôpitaux du Québec ».

La faute revient, selon M. Legault, à la gestion des effectifs médicaux et à leur répartition sur le territoire québécois.

« Ça aurait dû être réglé depuis des années, dit-il. Chaque année, dans les quatre facultés de médecine au Québec, il y a une évaluation qui est faite des besoins, et on permet à des gens d’aller dans les spécialités seulement s’il manque de personnes, mais il y a eu beaucoup, beaucoup de dérogations données pour certaines spécialités et pour certaines régions, en particulier Montréal. »

Estimant que certaines dérogations « n’auraient pas dû être acceptées », François Legault croit qu’« il faut avoir le courage » de diriger les ressources là où les besoins se font sentir. Il soutient que sa ministre de la Santé, Danielle McCann, « est en train de trouver des solutions pour que les services soient donnés, quitte à amener des médecins temporaires le temps d’avoir des médecins permanents ». Mathieu Bélanger et Justine Mercier