Quatre groupes environnementaux, dont la Fondation David Suzuki, souhaitent que la Cour fédérale ordonne à Santé Canada de révoquer ses licences d’exploitation pour deux des pesticides les plus utilisés dans les champs au Canada - des néonicotinoïdes, appelés communément «néonics».

Néonicotinoïdes: Santé Canada est débouté en Cour fédérale

La Cour fédérale a rejeté, cette semaine, la requête de Santé Canada et de fabricants de produits chimiques, qui voulaient bloquer une procédure intentée par des groupes environnementaux afin de bannir certains pesticides qui, selon eux, sont en train de décimer les colonies d’abeilles dans tout le pays.

Quatre groupes environnementaux, dont la Fondation David Suzuki, souhaitent que la Cour fédérale ordonne à Santé Canada de révoquer ses licences d’exploitation pour deux des pesticides les plus utilisés dans les champs au Canada - des néonicotinoïdes, appelés communément «néonics».

Les environnementalistes prétendent que l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire à Santé Canada approuve depuis plus de dix ans des produits chimiques sans détenir suffisamment de données sur leurs effets. Ils soutiennent que l’agence fédérale a délivré à répétition des «licences conditionnelles», en attendant d’obtenir des fabricants de pesticides un complément d’information - qui ne vient finalement jamais.

Les plaignants dénoncent la délivrance par Santé Canada de ces permis conditionnels, qui touchent aussi 36 autres produits chimiques agricoles. Santé Canada plaide que la poursuite est inutile puisqu’une réévaluation des néonics est en cours, et que les licences conditionnelles ne sont plus délivrées. Un porte-parole a indiqué que de nouvelles mesures pour protéger les pollinisateurs devraient être annoncées cette année - quoique l’annonce de nouvelles mesures pour protéger la biodiversité aquatique n’est pas prévue avant 2020.

Le ministère fédéral a proposé certaines restrictions pour les néonics, notamment d’interdire leur pulvérisation sur les vergers et les pelouses, et de réduire leur utilisation dans la culture de légumes.

L’Europe a décrété un moratoire sur les néonics, et les États-Unis interdisent toute nouvelle utilisation de ce pesticide.

Des recherches suggèrent un lien entre l’utilisation des néonics dans les champs et la baisse dramatique des populations d’abeilles, qui jouent un rôle crucial dans la pollinisation du tiers environ des cultures vivrières. Le Conseil canadien du miel estime qu’en 2013-2014, les apiculteurs canadiens ont perdu en moyenne près du quart de leurs colonies. Des chercheurs de l’Université de Guelph attribuent ces taux de mortalité à une combinaison de facteurs: maladies, parasites, pesticides et destruction des habitats.

En septembre dernier, un groupe de travail de l’Union internationale pour la conservation de la nature concluait dans un nouveau rapport que les néonicotinoïdes ne tuent pas que les abeilles: ils représentent aussi une menace pour nombre d’espèces terrestres et aquatiques à la base de la biodiversité, dont des grenouilles, des oiseaux, des poissons, des insectes et des vers.