Dans plusieurs chambres de l’Hôpital de Hull, on remarque des trous dans les murs qui ne sont pas réparés.

«Négligence» dans l’entretien à l'Hôpital de Hull

Jeannine Buteau n’a rien à redire sur les soins qu’a reçus son mari cet hiver à l’Hôpital de Hull, mais elle en a long à raconter sur ce qu’elle considère être de la « négligence » dans l’entretien des lieux.

Infirmière à la retraite, Mme Buteau s’est présentée jeudi soir devant les membres du conseil d’administration du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) afin de raconter l’expérience vécue lorsque son mari a été hospitalisé en février dernier.

Au chapitre de la qualité des soins, les services reçus ont été « excellents », a mentionné la Gatinoise.

Dans la chambre de son époux, les murs portaient toutefois les nombreuses traces de ce qui y avait auparavant été accroché. Le gypse était endommagé sous le distributeur de solution désinfectante, divers trous parsemaient les murs et de la saleté était bien visible sur le calorifère.

« L’environnement physique laisse à désirer, déplore Mme Buteau. […] Il y a une négligence, et cette négligence-là n’est pas acceptable. » L’ex-infirmière a d’ailleurs levé son chapeau au personnel qui évolue dans cet environnement, en mentionnant qu’elle aurait « honte » de travailler dans de tels lieux.

La présidente-directrice générale par intérim du CISSSO, Josée Filion, a laissé échapper un « oh my God » lorsque Le Droit lui a montré les photos prises par Jeannine Buteau.

« C’est clair que ce n’est pas un environnement qu’on souhaite dans un milieu de soins de santé, donc c’est clair qu’on va regarder avec l’équipe de la direction des services techniques comment on peut améliorer cet environnement-là », a réagi Mme Filion.

Dans son intervention, Mme Buteau a lancé l’idée que la Fondation Santé Gatineau offre la possibilité de faire des dons dédiés à l’entretien. « Je serais prête à donner de l’argent, à la condition qu’on me dise que c’est dans cette optique-là », a-t-elle mentionné.

Josée Filion estime d’ailleurs qu’il s’agit d’une « excellente idée ». Une telle option permettrait selon elle d’améliorer la satisfaction de la clientèle, mais aussi d’offrir un milieu de travail plus intéressant au personnel.

La grande patronne du CISSSO souligne toutefois que même si l’Hôpital de Hull « a besoin d’amour », les travaux ne pourront pas tous être réalisés à court terme.

« On doit regarder l’ensemble des besoins, évaluer et prioriser les secteurs où on doit, dans les meilleurs délais, faire des travaux d’amélioration », a-t-elle indiqué.

Déjà-vu

À l’automne 2016, la photo d’une chambre de l’Hôpital de Hull - la 608 - diffusée sur les réseaux sociaux avait fait les manchettes en raison de la peinture qui y décollait littéralement des murs.

Le CISSSO avait alors lancé un examen des chambres de l’établissement, qui avait mené à divers travaux de peinture.

L’organisation avait dû même coup indiqué qu’elle verrait à améliorer ses procédures avec la mise en place d’un « système d’inspection visuelle », afin d’éviter que d’autres chambres se retrouvent dans un état aussi piteux que celui dans lequel se trouvait à l’époque la chambre 608.

Oreillers recherchés

Jeannine Buteau a par ailleurs déploré, jeudi soir, qu’elle ait dû « déranger » le personnel pour essayer d’obtenir un oreiller pour son époux, que ce soit à l’urgence ou sur l’unité où il a ensuite obtenu une chambre. « Ce n’est pas leur tâche », a-t-elle souligné en précisant qu’en l’absence d’oreiller, son mari a dû se débrouiller avec deux jaquettes d’hôpital en guise de coussin.

Josée Filion affirme pour sa part qu’à ses yeux, l’accès à un oreiller « fait partie d’un principe de base si on veut assurer un confort pour la clientèle ». Elle s’engage donc à faire un suivi du dossier « avec les personnes concernées ».