Les hôpitaux d'Ottawa (dont l'hôpital Montfort, sur la photo) continuent de recevoir de nombreux patients du Québec.

Monnayer le rapatriement

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) réussit tranquillement à rapatrier des soins consommés en Ontario par des patients de la rive québécoise, des efforts que la région souhaite monnayer afin d'accélérer le développement de services.
En rencontre éditoriale avec Le Droit, le président-directeur général du CISSSO, Jean Hébert, a présenté des statistiques révélatrices sur les efforts de rapatriement. Entre 2014-2015 et 2015-2016, le CISSSO a enregistré 840 hospitalisations de plus, 150 naissances de plus à l'hôpital de Gatineau et 2514 visites supplémentaires aux urgences en zone urbaine. À cela s'ajoutent quelques 3000 consultations à la mini-urgence pédiatrique.
« En contrepartie, dans les hôpitaux limitrophes ontariens, il y a eu 596 hospitalisations de moins, 3719 visites de moins dans les urgences et 144 naissances de moins », expose M. Hébert.
L'été dernier, Le Droit révélait d'ailleurs qu'entre 2014 et 2015, les remboursements effectués par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) pour des patients de l'Outaouais soignés à Ottawa étaient passés de 113,7 à 105,3 millions$, un écart de 8,4 millions$ représentant une baisse de 7,4 % de la facture.
Des discussions sont donc en cours avec le ministère de la Santé « pour voir comment on pourrait être compensés par rapport au rapatriement qu'on a fait », indique le grand patron du CISSSO, en précisant que « Dieu seul » sait à quel moment la réponse viendra.
« Il faut qu'il y ait un incitatif à investir, souligne M. Hébert. [...] Mes budgets de développement sont limités et mes priorités sont peut-être ailleurs, donc si je n'ai pas de retour [de Québec], à ce moment-là, je n'ai aucun incitatif à développer quoi que ce soit en termes d'autosuffisance. C'est une volonté à la fois de l'établissement et du ministère. Tant qu'à payer un service, aussi bien le payer au Québec que de le payer en Ontario. »
Bientôt un meilleur accès
L'accès aux soins de première ligne s'améliorera au cours de l'année, assure le grand patron du réseau de la santé de l'Outaouais, Jean Hébert. Le recrutement de médecins de famille va bon train cette année, se réjouit le président-directeur général du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO). Vingt-huit omnipraticiens doivent établir leur pratique dans la région cette année. « Sur deux ans, ça va faire 52, note M. Hébert. Et ils ont une obligation de prise en charge avec la Loi 20. » À l'heure actuelle, 73 % des résidents de l'Outaouais ont un médecin de famille. L'objectif est de porter ce taux à 85 % d'ici la fin de l'année, alors qu'un peu plus de 30 000 personnes demeurent sur la liste d'attente. En parallèle, l'ouverture d'une première superclinique dans les prochains mois devrait diminuer la pression sur les urgences. Et le CISSSO continue d'essayer de libérer des lits d'hôpital occupés par des patients devant se trouver dans une autre ressource. « À l'hôpital, à un moment donné, il faut que tu rentres, et il faut que tu sortes », rappelle Jean Hébert. Ce dernier fonde aussi beaucoup d'espoir sur l'implantation de la faculté satellite de médecine de l'Université McGill, prévue pour 2020, pour accroître le recrutement. « Ça va être le plus beau legs qu'on va laisser à la région », dit-il.
Toujours pas d'échéancier pour les naissances
Le projet d'aménagement de 32 nouvelles chambres de naissance à l'hôpital de Gatineau a dû être revu puisque les césariennes ne pourront finalement pas être réalisées sur le même étage, de sorte qu'aucun échéancier n'est encore connu pour la concrétisation de l'annonce faite il y a plus de quatre ans. Le grand patron du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO), Jean Hébert, a indiqué que les plans initiaux prévoyaient une salle de césariennes au 3e étage de l'hôpital, là où doivent être aménagées 32 chambres TARP (travail-accouchement-récupération-postpartum). Pour une question de «sécurité», il fallait toutefois avoir deux salles de césariennes, l'une pour les chirurgies planifiées, l'autre pour les urgences. M. Hébert affirme qu'aucun échéancier ne sera connu avant l'automne. C'est également à ce moment que le CISSSO saura si le projet révisé pourra respecter l'enveloppe budgétaire annoncée par le gouvernement de Pauline Marois en février 2014.