Selon des données de l’Institut canadien d’information sur la santé, l’Outaouais tire de l’arrière quant au nombre de médecins par 100 000 habitants.

Médecins spécialistes par 100 000 habitants: l’Outaouais très loin de la moyenne

Les difficultés d’accès à la médecine spécialisée sont loin d’être un mirage en Outaouais. La région ne comptait l’an dernier que 65 médecins spécialistes par tranche de 100 000 habitants, soit 48 % de moins que la moyenne provinciale.

Des données dévoilées jeudi par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) lèvent le voile sur le portrait des médecins au pays, où un important clivage est observé entre différentes régions.

En médecine spécialisée, le portrait est sombre pour l’Outaouais. La pénurie se faisait déjà sentir en 2014, alors que la région comptait 256 médecins spécialistes. Les données de l’ICIS montrent qu’ils étaient trois de moins en 2018. Cela représente une baisse de 1,2 %, alors qu’à l’échelle québécoise, une croissance de 5,9 % a été enregistrée grâce à un gain net de près de 600 médecins spécialistes pendant la même période.

L’Outaouais doit donc se contenter de 65 médecins par 100 000 habitants, ce qui est bien loin de la moyenne québécoise, qui s’établit à 126. Seules les régions où se trouve une faculté de médecine (Montréal, Québec et l’Estrie) se retrouvent au-dessus de la moyenne provinciale. Des régions comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean et le Bas-Saint-Laurent sont tout de même assez près de la moyenne québécoise, avec respectivement 111 et 120 médecins spécialistes par 100 000 habitants.

Seules les régions des Laurentides, du Nord-du-Québec, du Nunavik et des Terres-Cries-de-la-Baie-James font moins bonne figure que l’Outaouais pour le taux de médecins spécialistes par tranche de 100 000 habitants.

Selon les données du mois d’août du ministère de la Santé, pas moins de 34 postes de médecins spécialistes sont actuellement vacants en Outaouais. Ces postes sont autorisés par Québec en fonction de différents critères, ce qui fait en sorte que des régions moins populeuses que l’Outaouais ont droit à davantage de médecins dans certaines spécialités.

Médecine familiale

L’évolution des effectifs médicaux en Outaouais est plus encourageante en médecine familiale.

Un gain net de 50 omnipraticiens a été observé dans la région entre 2014 et 2018, pour atteindre un total de 447 médecins de famille. Cette hausse de 12,6 % en quatre ans situe l’Outaouais au-dessus de l’augmentation moyenne de 6 % enregistrée au Québec pour la même période.

En fonction de son nombre d’habitants, l’Outaouais demeure toutefois sous la moyenne provinciale.

Les données de l’ICIS montrent que la région comptait 114 médecins de famille par tranche de 100 000 habitants l’an dernier, comparativement à 122 pour l’ensemble du Québec.

Est ontarien

Le portrait est beaucoup plus reluisant du côté du Réseau local d’intégration des services de santé (RLISS) de Champlain, qui couvre l’est de l’Ontario.

Les données de l’ICIS révèlent qu’on y comptait l’an dernier 150 médecins de famille par 100 000 habitants, alors que la moyenne ontarienne est de 116.

L’écart est similaire en médecine spécialisée. Le RLISS de Champlain pouvait compter sur 159 médecins spécialistes par 100 000 habitants en 2018, tandis que la moyenne provinciale était de 118.

L’Est ontarien a enregistré un gain net de 236 médecins de famille en quatre ans, pour atteindre un total de 2072 omnipraticiens l’an dernier. Cette hausse de 12,9 % est toutefois inférieure à celle de 14,4 % observée pour l’ensemble de l’Ontario.

En médecine spécialisée, le RLISS de Champlain comptait l’an dernier 2198 médecins spécialistes, soit 334 de plus que quatre ans auparavant. Cela représente une hausse de 17,9 %, tandis qu’en moyenne, pour l’Ontario, le nombre de spécialistes s’est accru de 14,4 % pendant la même période.

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L’aide médicale à mourir pour 28 patients

Vingt-huit personnes ont obtenu l’aide médicale à mourir en Outaouais en 2018-2019.

Des données présentées jeudi aux membres du conseil d’administration du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) montrent qu’entre le 1er avril 2018 et le 31 mars 2019, 40 demandes d’aide médicale à mourir ont été formulées dans la région. Dans 31 cas, les patients se trouvaient dans un centre hospitalier, tandis que les neuf autres patients étaient à domicile.

Dans la moitié des 12 dossiers où l’aide médicale à mourir n’a pas été administrée malgré le dépôt d’une requête, un changement d’avis de la part du patient est en cause. Deux personnes sont décédées avant la fin de l’évaluation de leur demande, et une autre s’est éteinte avant l’administration de l’aide médicale à mourir. Dans deux autres cas, il a été déterminé que les personnes n’étaient pas aptes à donner leur consentement pour une telle demande. Dans le dernier cas, la cause de la non administration de l’aide médicale à mourir n’est pas spécifiée.

Le Dr Guy Morissette, conseiller médical à la direction des services professionnels du CISSSO, a indiqué que depuis l’entrée en vigueur de la loi permettant l’aide médicale à mourir, en décembre 2015, l’âge moyen des résidents de l’Outaouais l’ayant obtenue est de 70 ans. L’âge varie toutefois beaucoup — entre 36 et 100 ans.

Le Dr Morissette a indiqué que l’aide médicale à mourir a été administrée à « un peu plus d’hommes » que de femmes en Outaouais. Les patients qui l’ont reçue étaient dans bien des cas atteints d’un cancer, a-t-il aussi fait savoir.