Des médecins prêts à travailler davantage au bloc opératoire de l'Hôpital de Gatineau sont dans l'impossibilité de le faire, faute d'avoir accès à une quantité suffisante de lits pour les patients devant y effectuer un court séjour après une chirurgie.
Des médecins prêts à travailler davantage au bloc opératoire de l'Hôpital de Gatineau sont dans l'impossibilité de le faire, faute d'avoir accès à une quantité suffisante de lits pour les patients devant y effectuer un court séjour après une chirurgie.

Manque de lits pour augmenter le nombre de chirurgies à l'Hôpital de Gatineau

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Des médecins prêts à travailler davantage au bloc opératoire de l'Hôpital de Gatineau sont dans l'impossibilité de le faire, faute d'avoir accès à une quantité suffisante de lits pour les patients devant y effectuer un court séjour après une chirurgie.

Le directeur des services professionnels du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO), le Dr Nicolas Gillot, avait expliqué en point de presse, mercredi, que le ralentissement actuel dans les blocs opératoires de la région découle surtout d'un manque de main-d'oeuvre et des mesures sanitaires limitant le nombre de patients pouvant se retrouver simultanément dans les salles d'attente ou de récupération.

Un médecin spécialiste du CISSSO qui a préféré que son nom ne soit pas publié a confirmé au Droit que ces facteurs sont en cause dans le cas du bloc opératoire de l'Hôpital de Hull, mais il affirme que la situation est tout autre à l'Hôpital de Gatineau.


« Nos listes d'attente ont toutes augmenté, dans toutes les spécialités. Ceux qui payent au bout de la ligne, ce sont les patients. »
Un médecin spécialiste du CISSSO

Ce médecin a expliqué au Droit qu'à l'Hôpital de Gatineau, il y avait auparavant 25 lits pour les patients devant subir une chirurgie ambulatoire nécessitant un court séjour à l'hôpital après l'intervention. À l'heure actuelle, il n'en reste que 12, déplore le spécialiste à qui nous avons parlé, qui précise qu'il y aurait suffisamment de personnel pour en ouvrir davantage.

«Ça a un impact, parce qu'il y avait déjà du retard pris [à cause de la pandémie] du mois de mars jusqu'à juin», a-t-il ajouté.

Alors que les médecins sont conscients qu'un ralentissement pendant la période estivale est «normal», ils s'attendaient à ce que le volume d'activités puisse augmenter en septembre.

«Tout le monde veut travailler, précise le spécialiste. Nos listes d'attente ont toutes augmenté, dans toutes les spécialités. Ceux qui payent au bout de la ligne, ce sont les patients. [L'Hôpital de Gatineau] pourrait opérer un à deux patients de plus par jour dans chaque ligne opératoire de chaque spécialité.»

Le médecin spécialiste s'attend donc à ce que les noms continuent de s'accumuler sur les listes d'attente, déjà rallongées par la pandémie. La direction du CISSSO est au fait du dossier depuis deux mois, assure-t-il, en déplorant que rien n'ait été fait pour accroître le nombre de lits pour les chirurgies ambulatoires avec court séjour.

«Avec six lits [supplémentaires], on pourrait avoir un fonctionnement des salles d'opération bien meilleur pour les patients de la région», plaide le spécialiste.

«Dans le contexte de la COVID-19, nous avons effectué des mouvements de certains services pour augmenter le parc de lits d'hospitalisation, a pour sa part indiqué le CISSSO. D'ici les deux prochaines semaines, nous allons réutiliser les civières en post opératoire pour revenir au volume normal.»