Maison Fraternité: aucune diminution de services, assure le RLISS

La fermeture annoncée du Centre résidentiel pour jeunes de la Maison Fraternité d’Ottawa n’engendrera aucune diminution du financement octroyé pour de tels services auprès de la clientèle francophone aux prises avec des problèmes de toxicomanie, assure le Réseau local d’intégration des services de santé (RLISS) de Champlain.

La chef de la direction du RLISS, Chantale LeClerc, a réagi mercredi à la sortie médiatique de la Maison Fraternité, dont les dirigeants avaient dénoncé la veille l’annonce de la perte du financement du Centre résidentiel pour jeunes à partir d’avril 2020. Ce financement s’élève à 816 000$ par an, soit environ 450$ par jour pour chaque lit.

Mme Leclerc a confirmé que l’entente conclue avec la Maison Fraternité comprend un objectif de taux d’occupation moyen de 89% pour les cinq lits d’hébergement réservés aux jeunes de 12 à 21 ans. Or, depuis l’ouverture du centre en 2012, le RLISS observe un taux d’occupation qui tourne autour de 42%.

«Ça veut dire que plus de la moitié du temps, il y a des lits qui ne sont pas occupés, souligne Mme LeClerc. [...] On a dû se rendre à l’évidence, après six ans d’efforts, que clairement, le programme ne rencontre pas les besoins de tous les jeunes. Il y a des jeunes qui se présentent et qui ont du succès, mais pour l’investissement qu’on fait, on pense qu’on pourrait offrir quelque chose qui répondrait mieux aux besoins».

La directrice du RLISS de Champlain note que l’annonce de l’arrêt du financement accordé au Centre résidentiel pour jeunes de la Maison Fraternité n’a «aucun lien» avec les récentes compressions du gouvernement de Doug Ford dans les services aux Franco-Ontariens. «Le financement va être réalloué en entier à un autre programme qui va mieux rencontrer les besoins des jeunes», assure-t-elle.

Il n’est pas encore décidé si le nouveau programme comprendra ou non un service d’hébergement. Le RLISS souhaite consulter la communauté francophone et ses partenaires du réseau de la santé pour déterminer un plan de match. Les organismes communautaires devraient ensuite être invités à soumettre des propositions, le tout dans le but qu’un nouveau programme soit lancé avant la fermeture du centre de la Maison Fraternité, «pour qu’il n’y ait pas d’interruption». «Ça va devoir être un programme qui peut desservir les francophones, en français, dans un milieu francophone», insiste Chantale LeClerc.

Cette dernière assure que la décision concernant le financement du Centre résidentiel pour jeunes ne remet pas en question les sommes allouées aux autres programmes de la Maison Fraternité.

La porte est même ouverte à un changement de cap si jamais le taux d’occupation du Centre résidentiel pour jeunes remonte vers l’objectif fixé. «Si jamais la situation venait à changer et qu’on constatait un taux d’occupation élevé et une demande élevée pour les lits, on reconsidérerait la décision, a mentionné Mme LeClerc. [...] Si au cours de l’année on voit que la demande pour le programme a changé et qu’elle se maintient, on va réviser la décision.»