Patrick Guay en compagnie de membres de personnel en soins de santé de l’Hôpital de Gatineau.

L'urgence de l'Hôpital de Gatineau perturbée par un sit-in

L’urgence de l’Hôpital de Gatineau a été affectée samedi matin par un court sit-in de professionnelles en soins qui ont refusé de commencer leur quart de travail en raison d’un manque de personnel.

La pénurie de personnel faisait suite à la décision du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) de faire marche arrière et de retirer la promesse de rémunération à 200 % du taux horaire habituel à des employés devant faire des heures supplémentaires durant le long weekend de la fête du Travail.

À leur arrivée à 7 h 45 samedi, les infirmières de jour ont constaté l’absence de trois infirmières alors que le taux d’occupation des lits était de 128 %. Il manquait aussi de personnel pour assurer de la surveillance, et des patients qui étaient en admission depuis 110 heures étaient toujours à l’urgence en raison de lits fermés aux étages, a indiqué Patrick Guay, président par intérim du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO). 

«Voyant tout cela, les infirmières de jour ont dit qu’elles ne pouvaient s’occuper de tout cela aujourd’hui. En plus, il y a la grogne. Ça fait depuis le début de l’été qu’elles travaillent avec moins d’effectifs. Habituellement, elles acceptent la situation, mais là elles sont épuisées. Elles ne sont plus capables de suffire à la tâche, d’où la décision de faire un arrêt de travail ce matin», a expliqué M. Guay.

Vers 8 h 15, par esprit de collaboration, les infirmières ont décidé de commencer leur quart de travail, a continué M. Guay, tout en précisant que l’équipe de nuit était restée en poste pendant le sit-in.

«À tout moment, aucun service aux patients n’a été coupé. Tous les services ont été donnés. Il y avait une infirmière au triage qui faisait les évaluations et qui s’assurait que chaque patient dans la salle d’attente recevrait les soins», a précisé M. Guay.

Rappelons que jeudi dernier, le CISSSO avait annoncé une offre du taux à 200 % afin d’assurer des services aux patients et une stabilité dans les équipes de soins. Cette mesure avait été annoncée après que le SPSO eut suggéré à la population d’éviter les urgences de Hull et de Gatineau et de privilégier l’option de l’Ontario en raison d’un manque de personnel infirmier anticipé pour la fin de semaine. Le CISSSO a toutefois indiqué vendredi qu’il ne pouvait aller de l’avant avec l’offre puisqu’elle ne respectait pas les conventions collectives.

Ce recul de l’employeur a largement déplu aux employés.

«Les infirmières, les infirmières auxiliaires, les inhalothérapeutes sont en beau joualvert, et c’est comprenable», a pesté M. Guay.

Le SPSO a recommandé à ses membres et à la population samedi matin d’adopter une nouvelle photo de profil sur les réseaux sociaux montrant une poignée de main avec en arrière-plan une personne se faisant poignarder dans le dos. L’image est accompagnée du mot-clic #TrahieparleCISSSO.

Il manquait aussi des infirmières sur les étages ainsi que des préposés aux bénéficiaires, samedi.

Josée McMillan, présidente du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la santé et des services sociaux de l’Outaouais - CSN, a affirmé que la chute d’une patiente à l’hôpital est directement reliée au manque de personnel.

«Le personnel est tanné. On annonce des choses, et on l’enlève. Il n’y a pas eu de vérification. Nous sommes un gros CISSS, alors les vérifications auraient dû être faites avant d’annoncer une mesure de 200 % à nos membres», a lancé Mme McMillan, qui a mentionné que des employés ont annulé le temps supplémentaire qu’ils devaient faire après le recul de l’employeur.

Au CISSSO, on a indiqué samedi que le 200 % ne sera pas remis sur la table au courant de la fin de semaine. La porte-parole de l'organisation, Patricia Rhéaume, a signalé samedi après-midi que l’achalandage était normal, mais que les services pourraient accuser du retard.

«Les soins sont donnés. On rassure la population en lui disant qu’elle est en sécurité. Ça se peut qu’il y ait du ralenti un peu, mais jusqu’à présent il n’y a rien à souligner», a mentionné Mme Rhéaume.