Parmi les plus longs délais observés se retrouvent ceux pour une «arthrographie et bloc facettaire» non urgente, un examen pour lequel il faut attendre 12 mois à Gatineau, 17 mois à Hull, 21 mois à Maniwaki et 30 mois — deux ans et demi — à l’Hôpital de Papineau.

Loin des «délais souhaités»

On parle parfois de six mois, d’un an, et même de deux ans et demi. L’attente à laquelle se butent les patients pour un examen non urgent d’imagerie médicale dépasse dans bien des cas «les délais souhaités», reconnaît le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), ce qui pourrait inciter certaines personnes à se rendre à Shawville ou à Maniwaki pour gagner du temps.

Le Droit a obtenu copie d’un communiqué interne daté du 8 février dernier dans lequel le directeur des services professionnels du CISSSO, le Dr Guy Morissette, informe tous les médecins de la région des délais observés pour obtenir un examen électif d’imagerie médicale dans les hôpitaux de la région.

Les statistiques présentées dans cette note interne révèlent qu’aux hôpitaux de Shawville et de Maniwaki, le temps d’attente est bien souvent de moins d’un mois pour obtenir un examen d’imagerie médicale pour lequel la requête ne fait mention d’aucune cote de priorité.

La situation est plus corsée dans le cas des hôpitaux de Gatineau, Hull et Papineau. Les examens de tomodensitométrie (scans) non urgents qui peuvent se faire en quelques semaines dans le Pontiac ou en Haute-Gatineau peuvent nécessiter de cinq à 14 mois d’attente dans l’un des trois hôpitaux situés en sol gatinois.

L’écart dans les délais observés entre chaque territoire pour un même examen est parfois impressionnant. À titre d’exemple, une échographie abdominale élective peut se faire en trois ou cinq mois à Shawville et à Maniwaki, tandis qu’on parle d’une attente de 13 à 14 mois à Hull et à Gatineau, et de 26 mois à Buckingham.

Parmi les plus longs délais observés se retrouvent ceux pour une «arthrographie et bloc facettaire» non urgente, un examen pour lequel il faut attendre 12 mois à Gatineau, 17 mois à Hull, 21 mois à Maniwaki et 30 mois — deux ans et demi — à l’Hôpital de Papineau. Pour la majorité des autres types de scopie, le réseau régional réussit néanmoins à voir tous les patients en mois d’un mois.

Les échographies «de surface» non prioritaires sont aussi touchées par une longue attente, qui va de six à neuf mois dans le Pontiac et à Maniwaki jusqu’à 26 à 29 mois pour Buckingham, Hull et Gatineau. Les patients en attente d’un examen d’imagerie par résonance magnétique de l’abdomen peuvent quant à eux attendre jusqu’à 27 mois si aucune priorité n’a été inscrite à leur dossier.

En entrevue, le Dr Morissette explique que la diffusion de ces délais d’attente en imagerie est une initiative récente faite «par souci de transparence», tant pour les médecins que pour la population.

«L’imagerie, on sait que c’est un enjeu en Outaouais, dit-il. Nous sommes très conscients que dans plusieurs secteurs, on est loin des cibles qui sont fixées par le ministère.»

En termes de performance, l’Outaouais se situe donc bien souvent «dans le dernier tiers» des régions du Québec pour l’attente en imagerie médicale, a fait savoir le Dr Morissette en ajoutant que «les scans, les échographies et la résonnance magnétique» sont les secteurs «qui nous font le plus mal».

Il n’en demeure pas moins qu’en tout temps, les examens jugés urgents sont réalisés dans les délais prescrits, assure le Dr Morissette. «Un scan avec contraste qui est une priorité un à Buckingham, ça se fait la même journée», donne-t-il en exemple.

En acheminant la liste des délais aux médecins, le CISSSO permettra aux médecins — et à leurs patients — de prendre des décisions de manière plus objective en sachant qu’il est parfois possible de passer un examen plus rapidement en périphérie de la zone urbaine.

Le Dr Morissette note par ailleurs que plusieurs examens sont réalisés en soirée ou les fins de semaine, mais qu’une pénurie de technologues empêche actuellement le CISSSO d’accélérer la cadence. «On fonctionne au maximum de ce qu’on est capable de fonctionner», assure-t-il.

UNE LONGUE QUÊTE POUR L'IRM

Une demande est en cours d’élaboration pour que l’Hôpital de Gatineau obtienne un jour un appareil d’imagerie par résonance magnétique (IRM), mais il faudra attendre encore « plusieurs mois » avant que cette requête ne soit prête à être déposée à Québec.

Le directeur des services professionnels du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), le Dr Guy Morissette, a indiqué au Droit qu’à l’heure actuelle, la demande du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) visant à obtenir un deuxième appareil d’IRM à l’Hôpital de Hull fait l’objet de discussions sur la « sur la voie rapide avec les autorités du ministère », un projet pour lequel il n’y aurait « aucun obstacle ».

La situation n’est toutefois pas la même pour un éventuel troisième appareil, qui serait installé à l’Hôpital de Gatineau afin de desservir à la fois la radiologie et la radio-oncologie. Un travail « préalable » se fait actuellement dans le but de pouvoir déposer officiellement une demande en ce sens à Québec, mais « ça peut prendre plusieurs mois encore » avant que cette étape ne soit réalisée, a fait savoir le Dr Morissette.

Alors que l’Hôpital de Hull a déjà un espace conçu pour accueillir un nouvel appareil d’IRM, ce n’est pas le cas de l’Hôpital de Gatineau, où de nombreux réaménagements sont déjà prévus, entre autres pour implanter un laboratoire régional et refaire l’unité des naissances.

Ce n’est donc « pas demain la veille » que l’Hôpital de Gatineau aura un appareil d’IRM, reconnaît le Dr Morissette, en soulignant toutefois que « le projet est travaillé de façon concrète et rigoureuse ».

RADIOGRAPHIES ET ÉCHOGRAPHIES CHEZ MÉDIGO

La superclinique MédiGo devrait bientôt obtenir les permis qui lui permettront d’effectuer des radiographies simples et des échographies, ce qui devrait enlever «une grosse pression» sur les hôpitaux de l’Outaouais.

Le directeur des services professionnels du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), le Dr Guy Morissette, a admis que l’organisation «commence à trouver que ça prend du temps» pour que Québec octroie les autorisations nécessaires pour que des services d’imagerie soient offerts à la superclinique MédiGo, ouverte depuis juillet dernier dans le secteur Hull.

À la superclinique, la Dre Anne Gervais a fait savoir qu’une rencontre tenue à ce sujet la semaine dernière devrait permettre que les permis demandés soient bientôt obtenus.

«Le tout enlèvera une grosse pression» sur le CISSSO, estime la Dre Gervais, qui rappelle que l’ouverture de la superclinique a occasionné une plus grande quantité de requêtes en imagerie puisque de 400 à 500 visites y ont lieu chaque jour auprès d’omnipraticiens ou de médecins spécialistes.