Le SCFP ne voit, dans ce changement, qu'une volonté d'économiser en dirigeant les patients vers des ressources « moins coûteuses », qui sont parfois déjà surchargées.

Loi sur les ambulances: le SCFP s'inquiète pour les patients

La volonté du gouvernement de l'Ontario de permettre aux ambulanciers paramédicaux de transporter des patients ailleurs qu'à l'hôpital et de laisser des pompiers détenant une formation intervenir pour certains problèmes de santé est un choix « risqué et dangereux », estime le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).
Le SCFP a vivement réagi, mardi, à la suite de l'annonce gouvernementale sur l'implantation d'un « nouveau système de répartition de priorité médicale » à la grandeur de la province, d'ici deux ans. Ce système devrait, selon le gouvernement, permettre de « mieux établir l'ordre de priorité des appels [...] ainsi que de rediriger ceux dont les cas sont moins graves vers des établissements autres que les services des urgences, lorsque c'est sans danger et approprié », tout en maintenant les interventions immédiates « en cas d'urgence médicale majeure ».
Là où le bât blesse pour le SCFP, c'est que le gouvernement souhaite modifier la Loi sur les ambulances afin de permettre aux ambulanciers paramédicaux « de donner des soins appropriés sur place et d'aiguiller les patients vers des options non hospitalières ».
Le SCFP ne voit, dans ce changement, qu'une volonté d'économiser en dirigeant les patients vers des ressources « moins coûteuses », qui sont parfois déjà surchargées.
À l'heure actuelle, les patients ne peuvent qu'être transportés vers des hôpitaux. Le gouvernement souhaite donc réduire « le nombre de visites inutiles aux services des urgences ». « En 2015, plus d'un million de patients ont été transportés par ambulance terrestre ou aérienne, soulignent les autorités. Parmi eux, seul 1 % étaient gravement malades et nécessitaient un transport d'urgence immédiat. »
Le directeur des Services d'urgence de Prescott et Russell, Michel Chrétien, voit d'un bon oeil l'arrivée du nouveau système, qui ferait en sorte que les ambulances de son territoire « seraient moins souvent appelées à aller à Ottawa pour des situations moins prioritaires ».
Le gouvernement veut également lancer deux projets pilotes afin que des « pompiers titulaires d'un certification d'ambulancier paramédical » puissent « intervenir pour des appels concernant des cas de gravité mineure » et même « donner des soins pour soulager les symptômes dans les cas graves ».
Le SCFP, qui représente près de 6000 ambulanciers paramédicaux et répartiteurs en Ontario, croit que de tels changements auraient des « conséquences négatives pour les patients ». 
« Pour améliorer les délais de réponse, ce qu'il faut, c'est augmenter la capacité des services paramédicaux de mettre plus d'ambulanciers paramédicaux sur la route », a réagi le président du SCFP en Ontario, Fred Hahn.
« Une très bonne idée »
Le maire d'Ottawa, Jim Watson, a pour sa part accueilli positivement les orientations du gouvernement de Kathleen Wynne. 
« Il y a certaines choses qu'on demandait depuis quelque temps, parce qu'il y a de la congestion, a déclaré le maire de la capitale. Par exemple, pour être souvent allé au campus Civic de l'Hôpital d'Ottawa, j'ai déjà vu jusqu'à huit ou neuf ambulances stationnées là-bas, et elles ne peuvent quitter. Je pense donc que c'est une très bonne idée d'accorder davantage de responsabilités aux paramédics, qu'ils puissent eux-mêmes prendre la décision de ne pas nécessairement amener 100 % des patients directement à l'urgence si une autre alternative est possible. »
Avec Daniel LeBlanc et Martin Brunette